Site sublacustre du Petit Port, situé à Annecy-le-Vieux (Département 74), est un monument historique. Le monument est actuellement fermé au public.
Enfoui sous les eaux du lac d'Annecy, le site sublacustre du Petit Port révèle un village néolithique et de l'Âge du Bronze préservé depuis 5 000 ans — l'un des palafittes alpins les mieux conservés de France.
Au fond du lac d'Annecy, entre deux et cinq mètres de profondeur, repose l'un des secrets les mieux gardés de la Haute-Savoie : le site sublacustre du Petit Port, un établissement lacustre dont les vestiges remontent à plusieurs millénaires avant notre ère. Invisible depuis les rives animées d'Annecy-le-Vieux, ce gisement archéologique exceptionnel appartient à la grande famille des palafittes alpins, ces villages sur pilotis que les populations préhistoriques édifiaient au bord des lacs pour bénéficier des ressources halieutiques et de la protection naturelle que l'eau conférait. Ce qui distingue le Petit Port d'autres sites comparables, c'est l'intégrité remarquable de sa stratigraphie. Les sédiments lacustres, maintenus en conditions anaérobies, ont préservé non seulement les pieux de bois fichés dans le fond vaseux, mais aussi des restes organiques d'une fragilité extrême : graines, fibres végétales, fragments de bois travaillé, ossements d'animaux domestiques et sauvages. Ces dépôts constituent une archive naturelle d'une précision quasi journalistique sur les modes de vie des communautés agricoles et pastorales qui peuplèrent les rives alpines entre le Néolithique moyen et l'Âge du Bronze. Pour l'archéologue comme pour le plongeur éclairé, le site offre une expérience hors du commun. La visite de cette zone protégée ne se pratique pas à la légère : seules des explorations encadrées par des archéologues subaquatiques sont autorisées, afin de préserver l'intégrité d'un patrimoine que cinq mille ans de sédimentation ont figé. Pour le grand public, les collections issues de fouilles anciennes, exposées au Musée-Château d'Annecy, permettent d'appréhender la richesse de ce monde englouti : céramiques, outils en silex, parures en os, haches en bronze poli. Le cadre géographique renforce l'émotion du lieu. Le lac d'Annecy, l'un des plus purs d'Europe, baigne des rives encadrées par les massifs des Bauges et des Bornes. La transparence légendaire de ses eaux — résultat d'une dépollution exemplaire menée dans les années 1960 — permet parfois, par temps calme et faible luminosité, d'apercevoir depuis une embarcation les contours fantomatiques des pieux fichés dans la vase, comme un écho silencieux à cinq millénaires d'histoire humaine.
Le concept architectural des palafittes repose sur un principe à la fois simple et ingénieux : planter de solides pieux verticaux dans le fond lacustre afin de supporter une plateforme de planches sur laquelle reposaient les habitations. Au Petit Port, les pieux — principalement en chêne, frêne et sapin blanc selon les niveaux stratigraphiques — étaient enfoncés en alignements réguliers, définissant les contours de constructions rectangulaires dont les dimensions devaient avoisiner celles des maisons paysannes contemporaines, soit environ six à dix mètres de longueur pour quatre à six mètres de largeur. Les parois des habitations étaient vraisemblablement édifiées en clayonnage — un entrelacs de branches et de tiges végétales — recouvert d'un enduit d'argile mêlée de paille, technique connue sous le nom de torchis. Les toitures, à double pente pour évacuer les précipitations abondantes du climat alpin, étaient probablement couvertes de chaume ou d'écorce de bouleau. Ces matériaux périssables n'ont laissé que peu de traces directes, mais les comparaisons avec des sites mieux documentés comme Charavines (Isère) ou les palafittes suisses de Zurich permettent de reconstituer avec fiabilité l'apparence générale de ces villages lacustres. La spécificité du Petit Port réside dans l'excellente conservation des niveaux organiques, rendue possible par l'anoxie des sédiments lacustres. Les archéologues ont ainsi pu identifier des vestiges de parois brûlées, des foyers domestiques effondrés, des amas de déchets alimentaires (restes de faune, coques de noisettes, graines de céréales) qui dessinent en creux la géographie intime de ces foyers préhistoriques. L'ensemble du site s'étend sur une superficie estimée à plusieurs centaines de mètres carrés, faisant du Petit Port l'un des gisements palafittiques les plus substantiels du département de la Haute-Savoie.
Site sublacustre du Petit Port est situé à Annecy-le-Vieux, dans le département Département 74, en Auvergne-Rhône-Alpes, en France.
Site sublacustre du Petit Port est actuellement fermé au public.