Ruines des remparts, situé à Montreuil (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Vigie de pierre sur la Canche, les remparts de Montreuil-sur-Mer dressent leurs courtines médiévales au-dessus des toits d'ardoise — une enceinte bastionnée parmi les mieux conservées du Nord de la France.
Perchée sur son éperon calcaire dominant la vallée de la Canche, la ville de Montreuil-sur-Mer conserve l'une des enceintes fortifiées les plus saisissantes du nord de la France. Ses remparts, dont le tracé s'étire sur plus de deux kilomètres, enserrent encore la haute ville d'une ceinture de pierre qui a traversé les siècles sans perdre son autorité. Le promeneur qui en fait le tour complet mesure immédiatement la puissance stratégique de ce site : escarpements naturels, fossés secs, tours rondes et bastions à angles vifs se succèdent dans une cohérence défensive remarquable. Ce qui distingue Montreuil des innombrables ruines de remparts françaises, c'est précisément leur état d'intégrité. Sur plusieurs tronçons, les courtines conservent leur hauteur d'origine, leurs chemins de ronde praticables et leurs archères en parfait état. La végétalisation des talus, loin de nuire à l'ensemble, lui confère une patine romantique que Byron ou Victor Hugo — de passage dans la région — n'auraient pas reniée. Le traitement paysager du fossé, transformé en jardin sauvage, prolonge cette atmosphère hors du temps. La visite se prête aussi bien à la déambulation solitaire au petit matin, lorsque la brume de la Canche monte sur les glacis, qu'à une exploration en famille à la belle saison. Les bastions offrent des points de vue panoramiques sur la campagne du Pas-de-Calais, le méandre de la rivière et, par temps dégagé, jusqu'aux collines du Boulonnais. C'est un monument qui se livre lentement, au fil de la marche, révélant à chaque angle une nouvelle articulation défensive, un appareil de pierre différent, une tour aux caractères propres. Au-delà de la pure archéologie militaire, les remparts de Montreuil s'inscrivent dans un cadre urbain préservé d'une grande qualité. La citadelle royale qui en occupe l'angle nord-est dialogue avec eux en harmonie, et les ruelles pavées de la haute ville, coiffées de maisons flamandes aux briques beiges, font de l'ensemble un décor cohérent que le tourisme de masse n'a pas encore altéré. Montreuil reste un secret bien gardé des connaisseurs.
Les remparts de Montreuil illustrent avec une clarté didactique l'évolution de l'architecture défensive du Moyen Âge au début de l'époque moderne. Dans leur tronçon médiéval le mieux conservé — notamment sur le flanc sud et ouest — ils se présentent sous la forme classique d'une courtine en moellons de calcaire local, haute d'une dizaine de mètres, rythmée par des tours rondes saillantes espacées d'une cinquantaine de mètres. Ces tours, légèrement plus élevées que le chemin de ronde, permettaient un tir de flanquement efficace contre tout assaillant progressant le long de la muraille. Les archères à crossettes, caractéristiques de la fin du XIIIe siècle, y sont encore visibles par endroits. Les adjonctions des XVIe et XVIIe siècles se reconnaissent à leur logique différente : les bastions à flancs droits, taillés dans la masse de la colline ou construits en maçonnerie, présentent des angles obtus destinés à dévier les boulets. Les matériaux restent majoritairement le calcaire gris-bleu du Boulonnais, mais les assises y sont plus régulières, plus serrées, témoignant de maîtres maçons travaillant avec une rigueur accrue. Quelques tronçons montrent un appareil en brique associé au calcaire, signature hybride typique de l'architecture militaire artésienne-flamande. L'ensemble s'inscrit dans un site topographique qui en démultiplie l'effet : l'escarpement naturel de l'éperon agit comme une première barrière, avant même que l'enceinte maçonnée n'entre en jeu. Le fossé sec, partiellement conservé sur le périmètre nord-est, conserve sa profondeur originelle de plus de six mètres, creusé à même le rocher calcaire. Cette alliance du génie humain et du relief naturel fait des remparts de Montreuil un exemple cohérent et lisible de l'art fortifié septentrional.
Ruines des remparts est situé à Montreuil, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Ruines des remparts date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Ruines des remparts est actuellement fermé au public.