Aller au contenu principal

Palais de Rohan (ancien archevêché, actuel Hôtel de ville)

Palais

Joyau néoclassique du XVIIIe siècle, l'ancien palais archiépiscopal de Bordeaux abrite aujourd'hui l'Hôtel de Ville. Décors d'apparat, sculptures de Cabirol et grisailles de Lacour composent un intérieur d'une élégance rare.

Histoire

Au cœur de Bordeaux, face au chevet de la cathédrale Saint-André, le Palais Rohan impose sa façade majestueuse comme un manifeste architectural des Lumières. Construit entre 1771 et 1778 pour accueillir les fastes de l'archevêché, ce palais néoclassique a traversé deux siècles et demi d'histoire nationale sans jamais perdre de sa superbe, accumulant les fonctions comme autant de strates prestigieuses : résidence épiscopale, tribunal, préfecture, palais impérial, puis château royal, avant de trouver sa vocation définitive d'Hôtel de Ville en 1835. Ce qui distingue le Palais Rohan des autres hôtels de ville français, c'est l'extraordinaire qualité de ses décors intérieurs survivants. Le sculpteur Cabirol y a ciselé des lambris d'une finesse baroque tempérée par le goût néoclassique, tandis que le peintre Pierre Lacour a recouvert les murs de la salle à manger de grisailles illusionnistes qui évoquent les grands décorateurs romains. Deux incendies — en 1862 et 1870 — auraient pu anéantir cet héritage ; ils n'ont que partiellement recomposé la distribution intérieure, épargnant l'essentiel d'une mise en scène conçue pour éblouir. Visiter le Palais Rohan, c'est déambuler dans un espace où la représentation du pouvoir a successivement revêtu les habits de l'Église, de la République, de l'Empire et de la Monarchie. Chaque salle porte les traces de ces métamorphoses, offrant au visiteur attentif un véritable feuilleton politique gravé dans la pierre et le stuc. Le grand salon, avec ses lambris sculptés, invite à imaginer les banquets et réceptions qui animaient ces lieux sous l'Ancien Régime. Le palais s'ouvre également sur un jardin à la française, dont la façade côté parc révèle un fronton sculpté par Cabirol, plus intime et ornemental que la façade principale. Ce cadre végétal, en plein cœur du quartier historique classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, offre une respiration précieuse et constitue un point de vue photographique privilégié sur l'architecture du XVIIIe siècle bordelais.

Tags

Châteaux proches