Restes du moulin du Rhin, est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Sentinelle de brique au cœur des moëres flamandes, ce moulin-tour octogonal du XVIIIe siècle incarne l'ingéniosité hydraulique des Flandres françaises, dressé en témoin silencieux d'une lutte séculaire contre les eaux.
Au cœur du plat pays flamand du Nord, où le ciel et la terre semblent se fondre à l'horizon, les restes du moulin du Rhin surgissent avec une sobriété saisissante. Ce moulin-tour de forme octogonale, édifié en briques au XVIIIe siècle, n'est pas un moulin ordinaire : il ne broyait ni grain, ni épices, mais s'attelait à une tâche vitale, celle d'assécher les moëres, ces vastes zones marécageuses et polders qui caractérisent l'arrière-pays dunkerquois. Ce qui rend ce monument singulier, c'est la clarté de sa fonction primitive. Les moëres — du flamand 'moer' désignant la tourbe marécageuse — ont façonné depuis le Moyen Âge le destin de toute une région. Maintenir ces terres gagnées sur l'eau exigeait un effort hydraulique constant, et le moulin du Rhin en était l'un des acteurs mécaniques essentiels. Sa forme octogonale, préférée aux tours cylindriques dans la tradition moulière flamande, lui conférait une meilleure résistance aux vents dominants tout en optimisant la surface de captation de l'énergie éolienne. Aujourd'hui privé de sa toiture et de ses ailes, le moulin ne déploie plus ses voiles dans le vent des Flandres. Il demeure pourtant une ruine habitée d'une forte présence, dont le fût de brique rougeâtre dialogue en silence avec le paysage horizontal qui l'entoure. Pour le visiteur attentif, contempler cette silhouette tronquée depuis les chemins de halage alentour est une invitation à imaginer le ballet incessant des ailes qui, jadis, maintenaient au sec des milliers d'hectares de terres agricoles. Inscrit aux Monuments Historiques en 1977, le moulin du Rhin bénéficie d'une protection méritée. Il s'inscrit dans un réseau de vestiges industriels et hydrauliques qui jalonnent le département du Nord, témoins d'une civilisation de l'eau dont l'ingéniosité n'a rien à envier aux polders néerlandais. Une visite idéale pour les amateurs de patrimoine industriel, de géographie culturelle flamande et de paysages authentiques loin des circuits touristiques battus.
Le moulin du Rhin présente un plan octogonal caractéristique des moulins-tours de la tradition flamande et néerlandaise. Cette forme à huit pans, héritée d'une longue pratique régionale, distingue immédiatement le bâtiment des moulins cylindriques plus répandus en France centrale ou méridionale. L'octogone offre l'avantage d'une meilleure aérodynamique et d'une répartition des contraintes mécaniques plus homogène, qualités essentielles pour un édifice soumis aux vents violents du littoral nordiste. L'ensemble de la maçonnerie est réalisé en briques, matériau omniprésent dans l'architecture rurale et industrielle des Flandres françaises. La brique locale, de teinte rouge à orangée, confère à la tour une présence chromatique chaleureuse qui tranche avec la verdure environnante des polders. Les assises régulières témoignent d'un appareillage soigné, typique des constructions du XVIIIe siècle dans cette région où la tradition briquetière atteignait son apogée. L'épaisseur des murs, caractéristique des moulins-tours, assurait non seulement la solidité structurelle mais aussi une inertie thermique protégeant les mécanismes intérieurs. Malheureusement, la toiture tournante — qui portait les quatre ailes et permettait l'orientation du moulin face au vent — a entièrement disparu, de même que les ailes elles-mêmes. Il ne subsiste donc que le corps cylindro-octogonal, dont la silhouette tronquée évoque néanmoins avec force l'ingéniosité de ses constructeurs. À l'intérieur, les traces des différents niveaux de plancher et des mécanismes de transmission permettent encore d'imaginer le dispositif d'entraînement d'une vis d'Archimède ou d'une roue à aubes destinée à élever les eaux de drainage.
Restes du moulin du Rhin date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Restes du moulin du Rhin est actuellement fermé au public.