Restes de l'antique voie aurélienne et la colonne milliaire qui subsistent (également sur commune de Paradou)
Sur les terres arides des Alpilles, un tronçon de la Via Aurelia et sa colonne milliaire romaine témoignent de deux millénaires d'histoire : l'une des plus anciennes routes d'empire encore lisibles en Provence.
Histoire
Entre les reliefs calcaires des Alpilles et les oliveraies de Maussane, un fragment de la Via Aurelia se dresse dans le paysage provençal comme un fil tendu depuis Rome. Ce tronçon de voie antique, accompagné d'une colonne milliaire en place, constitue l'un des rares témoignages matériels en Bouches-du-Rhône de l'immense réseau routier qui structura l'empire romain pendant des siècles. Ce qui rend ce site véritablement singulier, c'est la coexistence de deux éléments complémentaires : la chaussée elle-même, dont on peut encore percevoir l'assise et l'empierrement caractéristiques de la construction romaine, et la colonne milliaire, borne de pierre gravée qui jalonnait les grandes artères de l'Empire pour informer les voyageurs des distances comptées en milles depuis Rome ou depuis la capitale de la province. Rares sont les sites français où ces deux composantes d'un même système de communication antique sont encore réunis in situ. L'expérience de visite mêle archéologie et paysage de Provence. Cheminer sur ces mêmes pierres qui portèrent légions, marchands et messagers impériaux est une invitation au vertige historique. La colonne milliaire, dont le fût trapu émerge partiellement de la garrigue, interpelle autant par sa sobriété que par sa longévité : près de vingt siècles de vents mistraliens n'ont pas eu raison de son témoignage. Le cadre renforce l'émotion : les Alpilles, classées parc naturel régional, offrent un arrière-plan de crêtes blanches et de pinèdes qui n'a guère changé depuis l'Antiquité. À proximité se trouvent les communes de Paradou, où le site se prolonge, et Les Baux-de-Provence, autre pôle majeur du patrimoine régional. Le lieu attire autant les passionnés d'archéologie romaine que les promeneurs en quête d'une Provence authentique et silencieuse.
Architecture
La voie romaine conservée à Maussane-les-Alpilles présente les caractéristiques techniques classiques de la construction routière impériale. La chaussée, dite via glarea strata, reposait sur plusieurs couches superposées : un hérisson de pierres brutes formant la fondation (statumen), un blocage de cailloux liés à la chaux (rudus), un lit de sable et gravier compacté (nucleus), et enfin le revêtement superficiel de dalles de calcaire local soigneusement ajustées (summa crusta). La largeur d'une voie consulaire de ce rang atteignait généralement entre quatre et six mètres, permettant la circulation simultanée de deux véhicules. La colonne milliaire est le second élément remarquable du site. Il s'agit d'un cylindre de calcaire dur, au fût légèrement renflé vers le bas selon les canons de la taille antique, posé sur une base quadrangulaire partiellement enterrée. La hauteur visible avoisine un mètre à un mètre cinquante, pour un diamètre de quarante à cinquante centimètres — dimensions typiques des milliaires gallo-romains. La surface du fût portait autrefois une inscription gravée en capitales romaines, aujourd'hui partiellement effacée par l'érosion, qui mentionnait la distance en chiffres romains et le nom impérial. Le calcaire des Alpilles, matériau local de qualité, fut préféré au grès pour sa capacité à résister aux rigueurs climatiques de la région.
Personnages liés
Carte
Coordonnées non disponibles pour ce monument.


