Remparts Est
Vestige puissant de la bastide royale de Monpazier, les Remparts Est témoignent de l'art défensif médiéval au cœur du Périgord Noir, classés parmi les mieux préservés du Sud-Ouest.
Histoire
Dressés à l'orient de l'une des bastides les mieux conservées d'Europe, les Remparts Est de Monpazier constituent un fragment exceptionnel d'urbanisme défensif médiéval. Dans un département, la Dordogne, où les pierres calcaires semblent murmurer chaque siècle traversé, cette enceinte s'impose comme la colonne vertébrale minérale d'une cité qui a su résister aux guerres, aux épidémies et aux révolutions. Ce qui distingue ces remparts de tant d'autres vestiges similaires, c'est leur intégration remarquable dans le tissu urbain vivant de Monpazier. Ici, les pierres ne sont pas des ruines isolées derrière des grilles : elles jouxtent des maisons habitées, des jardins familiaux, des chemins de ronde que les habitants arpentent encore naturellement. Le rapport entre la ville et sa défense n'a jamais été rompu, ce qui confère à l'ensemble une authenticité rare. L'expérience de visite le long de ce flanc oriental est celle d'un retour en arrière sans artifice. Le visiteur longe un mur de pierre blonde aux joints serrés, ponctué de tours carrées dont les archères découpent la lumière du Périgord avec une précision géométrique. Sous certains angles, notamment en fin d'après-midi lorsque le soleil rasant dore la pierre calcaire, l'enceinte offre des vues photographiques d'une beauté saisissante. Le cadre environnant renforce cette atmosphère hors du temps. Les douves sèches, aujourd'hui envahies de végétation sauvage et de promeneurs, délimitent encore très lisiblement la limite entre la cité médiévale et ses abords. Depuis les hauteurs du chemin de ronde, le regard se perd sur les collines boisées du Périgord Pourpre, rappelant la position stratégique choisie avec soin par les fondateurs de la bastide.
Architecture
Les Remparts Est de Monpazier s'inscrivent dans la tradition des enceintes de bastides gasconnes du tournant des XIIIe et XIVe siècles. Ils présentent un appareil de pierre calcaire blonde extraite des carrières locales du Périgord, montée en assises régulières et liée à la chaux. L'épaisseur des murs, estimée entre 1,20 et 1,80 mètre selon les sections, garantissait une résistance suffisante face aux engins de siège de l'époque. Le couronnement des murailles comportait à l'origine un chemin de ronde protégé par un parapet crénelé, dont subsistent plusieurs vestiges significatifs. Le plan de l'enceinte suit rigoureusement l'alignement orthogonal caractéristique des bastides édouardiennes : les Remparts Est s'étendent sur une ligne quasi droite, rythmée par des tours quadrangulaires en légère saillie qui permettaient d'assurer des tirs de flanquement le long de la courtine. Ces tours, ouvertes à la gorge selon l'usage médiéval, ne pouvaient être aisément transformées en position de repli par un éventuel envahisseur ayant franchi le premier obstacle. Les archères, taillées en étroites fentes verticales avec épanelage intérieur, témoignent d'une conception militaire sobre et efficace. Le pied des murailles est précédé de douves sèches creusées dans le substrat calcaire, dont le profil en V accentuait la difficulté d'approche et de sape. La lisibilité de ce dispositif défensif complet — mur, tours, fossé — fait de ces remparts un exemple pédagogique de premier ordre pour comprendre l'architecture militaire des bastides du Sud-Ouest, à une époque où la maîtrise du territoire passait autant par la géométrie des plans que par la solidité de la pierre.
Personnages liés
Carte
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