Château de Puymarteau
Achevé en 1565, ce logis périgourdin allie tour polygonale à escalier à vis, tourelles en encorbellement et façade Renaissance à meneaux — un joyau discret niché dans la verdure brantômaise.
Histoire
Perché dans le pays de Brantôme, au cœur du Périgord Vert, le château de Puymarteau incarne avec une élégance sans ostentation l'architecture seigneuriale de la Renaissance française en Dordogne. Loin des grands châteaux médiatiques de la Loire, il appartient à cette catégorie précieuse des manoirs de gentilhomme — sobres, enracinés, sincères —, où la pierre blonde locale dialogue avec la forêt environnante dans une intimité presque secrète. Ce qui distingue immédiatement Puymarteau, c'est la cohérence de son ensemble : un corps de logis principal flanqué d'une tour polygonale abritant un escalier à vis, deux tourelles en encorbellement agrafées sur la façade orientale, une terrasse à balustres ouvrant de plain-pied sur le rez-de-chaussée, et, en contrebas, un pigeonnier armorié qui témoigne encore du rang de ses anciens propriétaires. L'organisation de la cour — manoir d'un côté, communs sur deux autres, mur à portail charretier sur le quatrième — dessine le cadre d'une vie rurale aristocratique dont on perçoit encore l'écho. L'expérience de visite est celle d'un dépaysement authentique. Le porche crénelé qui introduit à la cour intérieure prépare le visiteur à une immersion dans la Renaissance périgourdine, avant que la façade orientale, percée de fenêtres à meneaux et couronnée d'une lucarne à fronton semi-circulaire, ne révèle toute la sophistication de ses commanditaires. À l'intérieur, le couloir de l'étage, voûté d'un berceau plein cintre finement sculpté de fleurons en relief, constitue un morceau d'architecture rarement égalé dans un logis de cette modestie apparente. Le cadre renforce la magie du lieu : Brantôme, surnommée la « Venise du Périgord » pour ses canaux et son abbaye bénédictine, offre un arrière-pays de prairies et de forêts de chênes qui enveloppe Puymarteau d'une lumière verte et dorée selon les saisons. Photographes, amoureux du patrimoine rural et férus d'histoire trouveront ici une destination d'une richesse insoupçonnée, loin des foules.
Architecture
Le château de Puymarteau s'organise selon le plan classique du manoir périgourdin de la Renaissance : un corps de logis rectangulaire constituant l'essentiel de la construction, flanqué à l'ouest d'une tour polygonale renfermant un escalier à vis. Cette disposition, fonctionnelle et hiérarchique, ménage une façade orientale particulièrement soignée, précédée d'une terrasse à balustres accessible de plain-pied depuis le rez-de-chaussée et encadrée de deux tourelles en encorbellement. Les fenêtres à meneaux, ordonnées en registres superposés, rythment cette élévation avec une rigueur toute Renaissance, tandis qu'une lucarne à fronton semi-circulaire vient couronner la composition d'une touche de classicisme italianisant. Le porche crénelé d'accès à la cour intérieure rappelle quant à lui l'héritage médiéval encore présent dans l'imaginaire défensif des bâtisseurs de 1565. À l'intérieur, le traitement du couloir de l'étage est le point le plus remarquable : sa voûte en berceau plein cintre, sculptée de fleurons en relief, constitue un travail de taille et d'ornement d'une qualité inhabituelle pour un logis de cette échelle. Cette attention portée aux espaces de circulation trahit un commanditaire soucieux d'afficher sa culture et son goût pour les arts. En contrebas de la terrasse, le pigeonnier armorié, conservé intact, témoigne du statut seigneurial de l'ensemble : le droit de colombier, réservé à la noblesse sous l'Ancien Régime, était un privilège jalousement gardé. Les matériaux employés sont caractéristiques du Périgord : la pierre calcaire locale, couleur miel, donne à l'ensemble cette chaleur lumineuse propre aux constructions de la région.


