Puits Hély d'Oissel
Vestige industriel unique en Provence, le puits Hély d'Oissel dévoile son chevalement métallique de 1917 et sa machine d'extraction intacte — témoin saisissant de l'aventure minière des Bouches-du-Rhône.
Histoire
Au cœur de la plaine provençale, à Gréasque, le puits Hély d'Oissel s'impose comme l'un des rares témoins préservés de l'industrie charbonnière du bassin minier des Bouches-du-Rhône. Loin des grandes cités minières du Nord, ce site révèle une histoire méridionale de la houille, souvent méconnue, qui s'étend sur près d'un demi-siècle d'extraction. Ce qui rend ce lieu véritablement singulier, c'est l'exceptionnelle intégrité de son équipement industriel. Le bâtiment des machines abrite encore aujourd'hui la totalité de son dispositif d'origine : la machine d'extraction, son moteur, son réducteur, le tambour d'enroulement et la salle de pilotage avec ses appareils de contrôle et de sécurité. Entrer dans ce bâtiment, c'est pénétrer dans un espace figé dans les années 1950, où l'on perçoit presque les vibrations des câbles et le souffle des galeries profondes. Le chevalement métallique, édifié en 1917 par la société Derobert, domine le paysage avec une silhouette caractéristique des grandes constructions minières de l'entre-deux-guerres. Sa structure en acier rivetée dialogue étrangement avec les collines calcaires et les pinèdes de la Provence intérieure, créant un contraste saisissant entre industrie lourde et douceur méditerranéenne. Le site, inscrit aux Monuments Historiques depuis 1989, est désormais un espace patrimonial et mémoriel. Il accueille régulièrement des visites guidées permettant d'appréhender les conditions de travail des mineurs provençaux, un monde oublié mais fondateur pour l'économie régionale du XXe siècle. Amateurs de patrimoine industriel, photographes en quête de compositions métalliques inattendues et familles curieuses d'histoire locale y trouveront une expérience hors des sentiers battus.
Architecture
Le puits Hély d'Oissel est un exemple remarquablement cohérent d'architecture industrielle minière du début du XXe siècle. L'ensemble se compose de plusieurs éléments fonctionnels dont la logique répond entièrement aux contraintes de l'extraction houillère : le carreau du puits, le chevalement et le bâtiment des machines. Le chevalement métallique, construit en 1917 par la société Derobert, est la pièce maîtresse du site. Érigé en acier rivetée selon les méthodes constructives alors en vigueur dans les grands bassins miniers français et belges, il présente une structure pyramidale à quatre pieds caractéristique des chevalements de type tour, permettant le guidage précis des câbles d'extraction sur une profondeur de 455 mètres. Sa silhouette ajourée, à la fois robuste et élégante, témoigne du savoir-faire des ingénieurs et chaudronniers de l'époque. Le bâtiment des machines, construit en maçonnerie de moellons calcaires locaux enduits, abrite un ensemble industriel d'une intégrité exceptionnelle. La machine d'extraction vapeur puis électrique, son moteur, son réducteur à engrenages, le grand tambour d'enroulement des câbles et la salle de pilotage avec ses cadrans, manettes et dispositifs de sécurité sont tous conservés in situ. Cet équipement, figé à l'arrêt en 1960, constitue un musée technique vivant, illustrant les technologies d'extraction au faîte de l'industrie minière provençale.


