Presbytères français et polonais de l'église Notre-Dame-des-Mineurs de la compagnie des mines d'Aniche, situé à Waziers (Nord), est un édifice moderne construit aux XIXe-XXe siècles. Le monument est actuellement fermé au public.
À Waziers, ces presbytères jumeaux — français et polonais — incarnent l'âme ouvrière et cosmopolite de la Cité de la Clochette : Art Déco, néo-régionalisme et colombages s'y côtoient dans un ensemble minier d'exception.
Au cœur de la Cité de la Clochette, quartier ouvrier édifié entre 1925 et 1927 par la Compagnie des Mines d'Aniche, les presbytères français et polonais de l'église Notre-Dame-des-Mineurs forment un duo architectural aussi inattendu qu'émouvant. Dans un paysage encore marqué par l'empreinte de l'industrie charbonnière du Nord, ces bâtiments religieux s'imposent comme de véritables manifestes d'une architecture civile inventive, loin de la grisaille que l'on associe trop souvent aux cités minières. Ce qui rend ces presbytères absolument singuliers, c'est leur capacité à fusionner plusieurs langages architecturaux sans jamais verser dans l'incohérence. La serlienne ornant la lucarne de façade convoque la tradition classique française, tandis que la tourelle et les faux colombages évoquent un pittoresque néo-régionaliste assumé. Les bow-windows et la composition presque anthropomorphe des façades, quant à eux, trahissent une sensibilité Art Déco que l'on ne s'attend guère à croiser dans l'arrière-pays minier du Nord. Ce syncrétisme formel n'est pas l'effet du hasard : il traduit la volonté de la Compagnie d'offrir à ses travailleurs — et à leurs pasteurs — un cadre digne, humain et identitaire. L'existence de deux presbytères distincts, l'un pour le clergé français, l'autre pour le clergé polonais, témoigne de la sociologie particulière de la Cité de la Clochette. Dans l'entre-deux-guerres, des milliers de mineurs polonais ont traversé l'Europe pour venir extraire le charbon du bassin d'Aniche. La compagnie, soucieuse de canaliser et de stabiliser cette main-d'œuvre, a organisé leur vie sociale et spirituelle avec une précision quasi militaire — jusqu'à doter chaque communauté de son propre lieu de culte administré. Visiter ces presbytères aujourd'hui, c'est plonger dans une page d'histoire sociale et architecturale rarement mise en lumière. Le visiteur attentif repérera les détails sculptés, la qualité des briques rouges et ocres caractéristiques de l'ensemble de la Cité, et la façon dont ces bâtiments dialoguent avec l'église Notre-Dame-des-Mineurs, inaugurée en 1927, qui leur fait face. L'ensemble forme un îlot de civilité architecturale au milieu d'une cité-jardin dont le plan s'inspire directement des grandes utopies urbaines du début du XXe siècle. Inscrits aux Monuments Historiques depuis 2010, les presbytères de Waziers appartiennent à ce patrimoine industriel et humain du Bassin Minier du Nord–Pas-de-Calais que l'UNESCO a reconnu comme exceptionnel en 2012. Ils méritent amplement le détour de quiconque s'intéresse à l'histoire de l'immigration, à l'architecture sociale de l'entre-deux-guerres, ou simplement à la beauté discrète des chefs-d'œuvre que l'on ne voit jamais dans les guides.
Les deux presbytères se distinguent avant tout par leur syncrétisme stylistique remarquable, caractéristique de l'architecture religieuse et civile de l'entre-deux-guerres dans le Nord industriel. Les façades sur rue affichent des serliennes — ces fenêtres tripartites héritées de la Renaissance italienne — intégrées dans des lucarnes qui ancrent les bâtiments dans une tradition classique française. Ce motif savant côtoie, sur les mêmes élévations, des faux colombages d'inspiration néo-normande ou néo-flamande, rappelant le goût néo-régionaliste alors très répandu dans la production architecturale des compagnies minières du Nord. L'élément le plus surprenant demeure la présence de bow-windows à l'anglaise, qui projettent les façades vers la rue et confèrent aux volumes une dynamique typiquement Art Déco. Cette saillie, associée à une composition générale des façades jugée « anthropomorphe » par les spécialistes — les ouvertures et reliefs évoquant subtilement des visages humains —, trahit l'influence de courants artistiques contemporains que l'on retrouve également dans le patronage voisin. Les matériaux utilisés s'inscrivent dans la palette chromatique de la Cité de la Clochette : brique rouge et brique ocre, pierre blanche en tableaux et linteaux, tuile mécanique en couverture. Ces associations de teintes et de textures rompent délibérément avec la monotonie des cités ouvrières standardisées, conformément au cahier des charges esthétique que s'était fixé la Compagnie des Mines d'Aniche pour cet ensemble. Une tourelle d'angle vient compléter la composition de l'un des presbytères, ajoutant une touche pittoresque qui ancre ces bâtiments fonctionnels dans un registre presque domestique et chaleureux, à rebours de la rigueur souvent attendue de l'architecture presbytérale.
Presbytères français et polonais de l'église Notre-Dame-des-Mineurs de la compagnie des mines d'Aniche est situé à Waziers, dans le département Nord, en Hauts-de-France, en France.
Presbytères français et polonais de l'église Notre-Dame-des-Mineurs de la compagnie des mines d'Aniche date d'une période construite à l'époque moderne (XIXe-XXe siècle).
Presbytères français et polonais de l'église Notre-Dame-des-Mineurs de la compagnie des mines d'Aniche est actuellement fermé au public.