Portions de l'oppidum, situé à Luzech (Département 46), est un monument historique. Le monument est actuellement fermé au public.
Juchée sur une presqu'île méandrée du Lot, l'oppidum de Luzech révèle deux millénaires de civilisation : fortifications gauloises du second âge du Fer et superposition romaine d'une exceptionnelle densité archéologique.
Dominant la vallée du Lot depuis son promontoire naturel aux allures de péninsule, l'oppidum de Luzech constitue l'un des sites protohistoriques et gallo-romains les plus remarquables du Quercy. La topographie même du lieu a déterminé son destin : le Lot, en décrivant un méandre presque fermé, a créé une position défensive idéale que les populations celtiques et, plus tard, romaines ont exploitée avec un sens aigu de la stratégie territoriale. Ce qui rend ce site absolument singulier, c'est la superposition lisible de deux grandes civilisations. Les remparts gaulois, construits selon la technique du murus gallicus — une maçonnerie à armature de poutres en bois et parement de pierre sèche — côtoient les vestiges d'une occupation romaine structurée, révélant une continuité d'habitation rarissime. Les archéologues y ont mis au jour des tessons de céramique, des monnaies gauloises et des fragments d'amphores italiques qui témoignent d'échanges commerciaux intenses bien avant la conquête de César. Visiter l'oppidum, c'est d'abord emprunter les chemins qui longent les portions conservées des défenses antiques, où la pierre calcaire du Quercy affleure sous les herbes folles avec la sobriété des choses très anciennes. Le panorama sur les méandres du Lot et les vignobles de Cahors, classés parmi les plus vieux cépages de France, confère à la promenade une dimension contemplative hors du commun. À chaque détour du sentier, le regard embrasse les cingles boisés et les falaises ocre caractéristiques du Quercy blanc. Le classement en Monument historique depuis 1984 a permis d'engager des campagnes de fouilles et de préservation qui continuent de livrer leurs secrets. Le musée de Luzech — l'Impernal — conserve une partie des collections issues de ces recherches, rendant tangible l'épaisseur historique de ce promontoire que la Gaule chevelue et la Pax Romana ont, chacune à leur tour, façonné et habité.
L'oppidum de Luzech tire l'essentiel de sa force architecturale de sa relation fusionnelle avec la géographie : le méandre du Lot dessine une presqu'île naturelle dont le goulot, large d'une centaine de mètres seulement, concentrait l'effort défensif. C'est sur cet isthme que les portions de remparts les mieux conservées sont visibles, témoignant du soin apporté à la construction des défenses primaires. Le murus gallicus, caractéristique des oppida celtes du IIe-Ier siècle avant J.-C., se reconnaît à son parement de blocs calcaires équarris, disposés en assises régulières et liés structurellement à une armature intérieure de poutres de chêne assemblées à angle droit. Des clous de fer, retrouvés en grand nombre lors des fouilles, assuraient la solidité de cette charpente noyée dans le remplissage de terre et de pierrailles. La superficie totale de l'oppidum intra-muros est estimée à plusieurs dizaines d'hectares, une étendue cohérente avec le statut de chef-lieu tribal que l'on prête à ce site. À l'intérieur de l'enceinte, les fouilles ont mis en évidence un plan urbain embryonnaire : des traces de fondations de bâtiments rectangulaires en matériaux périssables (bois, torchis) côtoient des structures plus tardives en opus incertum à la romaine. La pierre calcaire blonde du Quercy, omniprésente dans la région, constitue le matériau principal de toutes les phases de construction. La superposition des cultures est également lisible dans le mobilier architectural : tegulae et imbrices romaines remplacent progressivement les couvertures végétales gauloises, et des éléments de décor en terre cuite attestent d'une romanisation des modes de vie dès le Ier siècle de notre ère. La lecture stratigraphique du site, sur plusieurs mètres de profondeur par endroits, constitue en elle-même un document architectural d'une valeur pédagogique exceptionnelle.
Portions de l'oppidum est situé à Luzech, dans le département Département 46, en Occitanie, en France.
Portions de l'oppidum est actuellement fermé au public.