Élégant ouvrage d'art enjambant les gorges du Gouëdic à Saint-Brieuc, le Pont des Courses allie prouesse technique et intégration paysagère remarquable, classé Monument Historique depuis 2018.
Dressé au-dessus des gorges verdoyantes du Gouëdic, aux abords immédiats du centre-ville de Saint-Brieuc, le Pont des Courses est l'un de ces ouvrages d'art que l'on contemple autant que l'on emprunte. Son inscription au titre des Monuments Historiques en juillet 2018 est venue consacrer une reconnaissance longtemps attendue pour cette structure emblématique du paysage briochin. Ce pont tire son nom de l'hippodrome qui s'étendait jadis à proximité, offrant aux Briochins du XIXe et du début du XXe siècle un espace de loisirs et de sociabilité dont l'écho résonne encore dans la toponymie locale. Cette origine populaire confère au monument une dimension patrimoniale doublement précieuse : à la fois témoignage de l'ingénierie du génie civil bretonne et vestige d'une pratique sociale aujourd'hui disparue. L'expérience de visite est saisissante : depuis le tablier du pont, le regard plonge dans le val escarpé que creuse le Gouëdic, rivière côtière dont les méandres boisés forment un écrin naturel inattendu en plein cœur d'une ville de taille moyenne. En contrebas, les promeneurs qui empruntent les sentiers des gorges découvrent la structure sous un angle radicalement différent, appréciant la hardiesse de ses arches et la sobriété de son galbe. Saint-Brieuc, préfecture des Côtes-d'Armor, n'est pas avare de ponts remarquables — le voisin Pont de Souzain partage avec lui le même relief tourmenté —, mais le Pont des Courses se distingue par la profondeur de sa portée et par l'intensité du dialogue qu'il entretient avec le paysage végétal environnant. Été comme automne, les feuillages qui tapissent les versants du Gouëdic composent un décor changeant qui transforme chaque passage en expérience nouvelle.
Le Pont des Courses appartient à la grande famille des ponts en maçonnerie à arches, caractéristique de l'ingénierie civile française du XIXe siècle. Sa structure repose sur des arches en plein cintre ou en arc surbaissé — morphologie adaptée aux contraintes topographiques des gorges bretonnes — construites en granite local, roche omniprésente dans les Côtes-d'Armor et particulièrement prisée pour sa résistance à l'humidité et au gel. L'appareillage des voussoirs, soigneusement taillés et jointoyés, reflète le savoir-faire des tailleurs de pierre bretons du XIXe siècle. Les culées et les piles, si l'ouvrage en comporte plusieurs, sont édifiées dans le même esprit de solidité sobre, sans ornement superflu mais avec une attention portée aux proportions qui confère à l'ensemble une élégance discrète. Le tablier, d'une largeur suffisante pour le passage des équipages et des piétons, présente des garde-corps dont le profil a pu être remanié au cours du XXe siècle pour répondre aux normes de sécurité routière. Ce qui frappe le visiteur, au-delà des seuls éléments techniques, c'est la hauteur remarquable de l'ouvrage au-dessus du lit du Gouëdic, qui lui confère une silhouette de viaduc urbain bien plus que de simple pont de rivière. Cet effet de verticalité, accentué par l'encaissement des gorges et la densité du couvert végétal, fait du Pont des Courses un objet architectural à part entière dans le paysage de Saint-Brieuc.
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