Élégant pont à quatre arches en anse de panier enjambant le Loch d'Auray, le pont de Saint-Goustan relie depuis le XVIIe siècle la ville haute à son pittoresque quartier portuaire médiéval.
Dressé sur les eaux calmes du Loch d'Auray, le pont de Saint-Goustan est bien plus qu'un simple ouvrage de franchissement : c'est un seuil entre deux mondes, celui de la ville haute et celui du quartier portuaire de Saint-Goustan, l'un des mieux préservés de Bretagne. Ses quatre arches en anse de panier glissent avec élégance au-dessus de l'estuaire, reflétant dans l'eau leur silhouette harmonieuse selon l'heure et la lumière. Ce qui distingue ce pont, c'est la qualité de son traitement architectural. Loin de la sécheresse utilitaire de nombreux ponts de province, l'ouvrage présente des avant-becs — ces saillies en pointe qui fendent le courant — disposés symétriquement en amont comme en aval. Ils remontent jusqu'au tablier et créent six retraites, autant de petites alcôves où le piéton peut s'arrêter, contempler le fleuve et regarder passer les voiliers et les barques à fond plat. La promenade sur le pont offre un panorama saisissant : d'un côté, les toits d'ardoise et les façades à colombages de Saint-Goustan se serrent le long des quais, de l'autre, les méandres du Loch s'ouvrent vers l'estuaire du golfe du Morbihan. C'est un spectacle particulièrement envoûtant à marée haute, quand l'eau affleure les piles de pierre et que le bourg semble flotter. Classé monument historique dès 1944, le pont de Saint-Goustan est indissociable de l'identité d'Auray. Il incarne la continuité entre une ville marchande prospère et son port, autrefois l'un des plus actifs de la côte bretonne. Photographes, peintres et amoureux du patrimoine y reviennent sans cesse, attirés par cette alliance rare entre architecture de pierre et paysage estuarien.
Le pont de Saint-Goustan est un ouvrage maçonné du XVIIe siècle composé de quatre travées à arcs en anse de panier, forme caractéristique de l'architecture hydraulique française de l'époque classique. L'arc en anse de panier, plus surbaissé que le plein cintre médiéval, offre un passage plus large et plus adapté à la navigation, tout en conférant à la silhouette du pont une horizontalité élégante qui s'intègre harmonieusement au paysage estuarien. Trois piles intermédiaires soutiennent les arches ; chacune est dotée d'avant-becs en forme de bec de proue, présents aussi bien en amont qu'en aval, soit six avant-becs au total. Ces éléments ne sont pas de simples dispositifs anti-courant : ils remontent jusqu'au niveau du tablier, créant autant de retraites légèrement en surplomb qui rompent l'uniformité du garde-corps et permettent au passant de s'isoler du flux de circulation pour contempler la rivière. Ce détail, à la fois fonctionnel et architectural, est typique des ponts classiques soignés construits sous l'impulsion des ingénieurs royaux. La construction est vraisemblablement en granite du Morbihan, matériau omniprésent dans l'architecture bretonne de cette période, réputé pour sa résistance aux conditions marines et à l'humidité. Le tablier, légèrement bombé en dos d'âne selon l'usage du temps, facilite l'écoulement des eaux de pluie et renforce visuellement la courbe générale de l'ouvrage. Bien que ses dimensions précises ne soient pas toutes documentées, le pont présente une longueur estimée à une cinquantaine de mètres, adaptée à la largeur du Loch à cet endroit.
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