Aller au contenu principal

Château du Plessis-Bourré

ChâteauTrésor caché

Joyau du gothique flamboyant angevin, le Plessis-Bourré surgit intact de ses douves en eaux vives comme en 1473. Son plafond peint aux scènes allégoriques demeure l'une des énigmes iconographiques les plus fascinantes du XVe siècle.

Histoire

Dressé au cœur du bocage angevin, le château du Plessis-Bourré est l'un des monuments les mieux conservés de la fin du Moyen Âge en France. Sa silhouette de calcaire blanc immaculé, posée sur une île artificielle ceinturée de douves larges et profondes, produit un effet de perfection presque irréelle, comme si le temps s'était arrêté à la mort de son commanditaire. Ici, nulle restauration romantique du XIXe siècle n'est venue dénaturer les volumes : ce que l'on voit aujourd'hui est, pour l'essentiel, ce qu'a livré le chantier ouvert en 1468. Ce qui rend le Plessis-Bourré véritablement unique, c'est la cohérence absolue de son architecture. Conçu d'un seul élan en moins de cinq ans par Jean Bourré, ministre des finances de Louis XI, le château ne souffre d'aucune des contradictions stylistiques qui marquent la plupart des grandes demeures françaises. Plan quadrangulaire rigoureux, tours rondes aux angles, chemin de ronde couvert intégral : tout répond à une logique défensive encore médiévale, mais les fenêtres à meneaux, les lucarnes ouvragées et les cheminées sculptées trahissent déjà la sensibilité de la première Renaissance. L'expérience de visite est particulièrement saisissante au niveau de la salle des gardes, dont le plafond à caissons polychrome recèle une série de panneaux peints d'une iconographie ésotérique et satirique sans équivalent en Europe. Sphinx, sirènes, scènes d'alchimie et proverbes illustrés y côtoient des personnages hybrides d'une modernité déconcertante. Les spécialistes débattent encore aujourd'hui de leur signification précise, nourrissant une fascination intacte depuis cinq siècles. Le cadre environnant renforce le sentiment d'isolement hors du temps. Le pont-levis franchissant les douves — partiellement fonctionnel —, les jardins sobrement dessinés et les communs en pierre de tuffeau composent un ensemble harmonieux que les lumières rasantes du matin ou du soir transcendent. Photographes et aquarellistes y trouvent matière à des heures d'émerveillement, tandis que les amateurs d'histoire médiévale y lisent, pierre après pierre, la transition entre forteresse et demeure de plaisance.

Tags

Châteaux proches