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Pavillons de l'octroi, Tours, Centre-Val de Loire

Pavillons de l'octroi

Monument

Gardiens de pierre de la Tours classique, les quatre pavillons de l'octroi de la place Choiseul veillent depuis le XVIIIe siècle aux abords du grand pont royal, témoins rares d'un urbanisme d'Ancien Régime.

Pavillons de l'octroi, Tours, Centre-Val de Loire

© Wikimedia Commons

Histoire

Au seuil du pont de pierre et de la majestueuse rue Royale, la place Choiseul offre l'un des tableaux urbains les plus cohérents que le XVIIIe siècle ait légués à Tours. Quatre pavillons d'octroi symétriques, reliés jadis par un mur courbe formant fond de place semi-circulaire, composent un dispositif d'entrée de ville d'une rare intégrité. Conçus comme un ensemble indissociable du grand chantier ponts-et-chaussées qui transforma le franchissement de la Loire, ils incarnent la volonté de l'administration royale d'ordonner, de contrôler et d'embellir simultanément. Ce qui distingue ces pavillons des simples postes de perception ordinaires, c'est leur insertion dans un projet urbain global. Ils ne sont pas de modestes guérites : leur ordonnance architecturale, leur disposition en écho de part et d'autre de l'axe monumental, font d'eux de véritables propylées à la manière antique, marquant le seuil symbolique entre la ville et son grand pont. Chaque pavillon dialogue avec son jumeau par-delà la chaussée, créant une perspective que les voyageurs du XVIIIe siècle comparaient volontiers aux entrées triomphales des capitales européennes. La visite de ces pavillons est avant tout une expérience de déambulation urbaine. On les apprécie depuis le pont de pierre, en remontant vers la rue Royale, ou depuis la place elle-même, dont le plan semi-circulaire reste lisible malgré la disparition d'un des murs de clôture avant 1914. Le mur courbe survivant, encore en place, restitue l'idée de cet écrin architectural et invite à imaginer la majesté de la composition originelle. Le cadre est celui d'un quartier classique tourangeau où pierre de taille, toits d'ardoise et proportions mesurées donnent le ton. Les pavillons, bien que classés Monuments Historiques depuis 1951, s'intègrent avec une discrétion remarquable dans la vie quotidienne de la ville, ce qui en fait des monuments à découvrir lentement, l'œil exercé à lire les strates du temps dans la pierre.

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