Moulins à vent, situé à Montigné-sur-Moine (Maine-et-Loire), est un monument médiéval construit au Moyen Âge. Le monument est actuellement fermé au public.
Aux portes de Montigné-sur-Moine, deux moulins-tours des Grands-Jardins dressent leurs silhouettes de pierre dans le bocage angevin — un duo industriel du XIXe siècle où meules et régulateur de Watt témoignent d'un savoir-faire meunier intact.
Au nord du bourg tranquille de Montigné-sur-Moine, à la lisière du bocage angevin qui s'étire vers les confins vendéens, deux silhouettes de pierre se dressent côte à côte depuis plus de cent cinquante ans. Les moulins à vent des Grands-Jardins forment l'un de ces duos architecturaux rares où deux édifices, proches par leur destination et leur époque, offrent pourtant deux réponses distinctes à une même problématique : capter le vent pour moudre le grain. Ce qui rend ce site véritablement singulier, c'est l'état de conservation de ses entrailles mécaniques. Là où la plupart des moulins ruraux n'ont conservé que leurs murs nus, le moulin est abrite encore deux paires de meules et, trésor improbable, un régulateur de Watt. Ce dispositif à boules centrifuges — invention révolutionnaire attribuée à James Watt et appliquée d'ordinaire aux machines à vapeur — fut ici transposé dans un contexte de meunerie éolienne pour stabiliser la vitesse des meules. Sa présence témoigne d'une sophistication technique inattendue dans ce hameau du Maine-et-Loire. Explorer les deux moulins, c'est pénétrer dans l'intimité d'un travail disparu. La disposition des deux portes diamétralement opposées du moulin est évoque la gestuelle quotidienne du meunier, entrant et sortant selon l'orientation du vent. Au moulin ouest, les vestiges de la carrée tournante et du long guivre racontent, en creux, les gestes précis qui permettaient d'orienter la coiffe vers les rafales les plus favorables. Autour de la tour tronconique, le logis du meunier et les bâtiments agricoles restituent l'atmosphère d'une petite exploitation meunière du Second Empire. Le cadre paysager achève de composer un tableau d'une cohérence saisissante. Le bocage angevin, avec ses haies bocagères, ses chemins creux et son ciel souvent parcouru de nuages atlantiques, n'a guère changé depuis l'époque où ces moulins tournaient à plein régime. Les photographes apprécieront les heures dorées du matin, quand la lumière rasante révèle les textures des maçonneries et projette les ombres longues des deux tours sur l'herbe alentour. Inscrits aux Monuments Historiques depuis 1976, les moulins des Grands-Jardins appartiennent à ce patrimoine industriel rural que l'on redécouvre avec une acuité nouvelle. Ils ne sont pas seulement des curiosités pittoresques : ils sont les témoins d'une révolution silencieuse, celle de la modernisation de la paysannerie française au XIXe siècle, à l'heure où ingénierie et tradition se conjuguaient pour nourrir un pays en pleine mutation.
Les deux moulins des Grands-Jardins illustrent deux typologies distinctes du moulin-tour en usage dans l'Ouest de la France au XIXe siècle. Le moulin est adopte un plan cylindrique strict, avec une tour dont la verticalité s'affirme sur un niveau de soubassement en réserve, un rez-de-chaussée surélevé percé de deux portes diamétralement opposées — disposition fonctionnelle permettant l'accès quel que soit le sens du vent —, et un étage de meunerie. À l'intérieur, la conservation est remarquable : deux paires de meules demeurent en place au niveau du premier étage, ainsi qu'un régulateur de Watt, mécanisme à boules centrifuges destiné à maintenir une vitesse de rotation constante des meules indépendamment de la force du vent. Cette pièce mécanique, directement héritée des théories de l'ingénierie industrielle britannique, est exceptionnellement rare dans un contexte de meunerie rurale française. Le moulin ouest présente, lui, une silhouette tronconique sur trois étages, légèrement évasée à la base selon une tradition constructive angevine qui confère plus de stabilité à la tour face aux vents dominants de l'Atlantique. Bien que sa toiture ait disparu, les vestiges de la carrée tournante — pièce maîtresse sur laquelle pivotait la coiffe orientable — subsistent, auxquels s'accrochent encore le long guivre servant à manœuvrer l'orientation de la coiffe et une partie de l'arbre moteur. La pierre locale, calcaire et tuffeau propres au bassin angevin, constitue vraisemblablement l'essentiel des maçonneries des deux tours, leur conférant cette teinte dorée caractéristique du bâti rural de la région.
Moulins à vent est situé à Montigné-sur-Moine, dans le département Maine-et-Loire, en Pays de la Loire, en France.
Moulins à vent date d'une période construite au Moyen Âge (XIe-XVe siècle).
Moulins à vent est actuellement fermé au public.