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Moulin à vent dit Moulin de la Roche ou de la Franchaie

MonumentTrésor caché

Sentinelle de schiste ardoisier dressée sur les coteaux angevins, le Moulin de la Roche incarne trois siècles de meunerie du vent : restauré et remis en rotation en 1980, il tourne encore fièrement avec ses grandes ailes Berton.

Histoire

Au cœur du Val de Loire angevin, sur la commune de La Possonnière qui vit naître le poète Ronsard à quelques lieues de là, le Moulin de la Roche – dit aussi Moulin de la Franchaie – s'élève comme un phare de pierre sombre au-dessus des vignes et des prairies du Layon. Sa tour de schiste ardoisier, ceinte de deux frettes métalliques, rappelle avec élégance la sobriété architecturale propre aux moulins à vent de l'Anjou, bien distincte des moulins de Beauce ou de Normandie. Ce qui rend ce moulin véritablement exceptionnel, c'est sa longévité fonctionnelle et l'intégrité de sa mécanique intérieure. Rehaussé et modernisé au cours des années 1860-1870 avec l'adoption des ailes à planches du système Berton et d'un régulateur de Watt, il concentre en un seul édifice deux générations de technologie meunière : la tradition artisanale de l'Ancien Régime et l'ingéniosité mécanique du Second Empire. Ses verges de quinze mètres d'envergure, habillées de planches de pin d'Orégon, déploient jusqu'à cinquante-deux mètres carrés de voilure – une performance aérodynamique remarquable pour un moulin de cette région. La visite du Moulin de la Roche offre une plongée rare dans les entrailles d'un moulin angevin en état de marche. Du rez-de-chaussée où s'effectuait l'ensachage jusqu'à la coiffe abritant les deux paires de meules, chaque niveau déroule le fil d'une chaîne de production fascinante. Le hérisson, les couronnes et le blutoir du premier étage témoignent d'une organisation mécanique d'une précision horlogère, entièrement actionnée par la seule force du vent. Le cadre naturel renforce l'expérience : perché sur son promontoire, le moulin embrasse un panorama de bocages et de vignobles qui n'a guère changé depuis le XVIIe siècle. Les amateurs de photographie apprécieront la lumière dorée de fin d'après-midi qui fait briller le schiste sombre de la tour et découpe les grandes ailes blanches sur le ciel anjou. Familles, passionnés de patrimoine industriel et amoureux du territoire ligérien y trouveront un arrêt incontournable, à quelques kilomètres seulement du château de Serrant.

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