Moulin à vent de la Pinsonnerie
Moulin cavier du XVIIIe siècle dressé sur les coteaux angevins, la Pinsonnerie conserve intacts ses mécanismes traditionnels et ses spectaculaires ailes Berton à onze planches.
Histoire
Au cœur du vignoble anjou-saumurois, le moulin à vent de la Pinsonnerie se dresse comme une sentinelle de pierre sur le territoire de Faye-d'Anjou, commune lovée entre bocages et coteaux schisteux du Maine-et-Loire. Moulin cavier — c'est-à-dire doté d'une masse maçonnée fixe et d'une calotte tournante — il appartient à cette famille de moulins caractéristiques de l'Anjou rural qui jalonnait autrefois les crêtes et les terres hautes ouvertes au vent d'ouest. Ce qui rend la Pinsonnerie véritablement singulière, c'est l'exceptionnelle intégrité de ses mécanismes intérieurs. Là où tant de moulins anciens n'ont conservé que l'enveloppe de pierre, celui-ci offre au visiteur curieux un voyage complet dans la mécanique meunière du XVIIIe siècle : nettoyeur de blé logé dans le cône supérieur, deux paires de meules dans le massereau, guivre et hucherolle encore en état de fonctionner. Les ailes dites « Berton », à volées de onze planches mobiles, témoignent d'une adoption précoce de ce système perfectionné mis au point à la fin du XVIIIe siècle pour optimiser la capture du vent. La visite invite à parcourir les deux niveaux principaux du moulin : la cave souterraine, fraîche et voûtée, puis la terrasse annulaire de la masse maçonnée qui offre une vue dégagée sur les vignes environnantes et les doux reliefs angevins. On y perçoit la logique remarquablement rationnelle de ces bâtisseurs ruraux qui calculaient chaque mètre carré pour en tirer la meilleure efficacité meunière. Le cadre lui-même participe au charme du lieu. Faye-d'Anjou, village vigneron renommé pour ses layon et ses coteaux-du-layon, enveloppe le moulin d'un paysage de vignes, de tuffeau et de schiste pourpre. Aux beaux jours de printemps ou d'automne, le site offre aux photographes et aux promeneurs une image intemporelle de la ruralité angevine.
Architecture
Le moulin de la Pinsonnerie appartient au type dit « cavier », caractéristique du Maine-et-Loire et plus largement du grand ouest de la France. Sa masse, de plan circulaire, est entièrement construite en maçonnerie de moellons locaux — probablement le schiste ardoisier omniprésent dans les carrières de la région de Faye-d'Anjou — et s'élève sur deux niveaux fonctionnels distincts : une cave principale accessible depuis l'extérieur, qui contient notamment la base du massereau et les deux paires de meules, et une seconde cave parallèle servant à l'organisation du stockage. Une terrasse annulaire ceinture la masse à mi-hauteur, permettant l'accès à la partie haute du massereau et au mécanisme de rotation de la calotte. Le cône supérieur, rotatif, abrite le nettoyeur de blé et supporte les vergues sur lesquelles sont fixées les ailes. Ces dernières sont du modèle « Berton », système breveté à la fin du XVIIIe siècle par le mécanicien Pierre-Théophile Berton, reconnaissable à ses volées composées de onze planches mobiles articulées qui permettaient de régler la prise au vent sans devoir arrêter le moulin. La hucherolle — la calotte tournante — pivote grâce à son échelle qui fait office de guivre, ce gouvernail de queue permettant d'orienter les ailes face au vent. L'ensemble constitue un exemple quasi complet et fonctionnel de la mécanique meunière du XVIIIe siècle finissant, d'une lisibilité pédagogique remarquable.


