Monument aux morts de la guerre1914-1918, situé au carrefour des rues du Monument-aux-Morts et de l'Isle
Érigé à partir de 1927 sur les plans de l'architecte Robert Lafaye, ce monument périgourdin allie sobriété et dignité : un mur tripartite en moellons accueille un médaillon sculpté, niché au cœur d'un square triangulaire.
Histoire
Au carrefour des rues du Monument-aux-Morts et de l'Isle, à Sarliac-sur-l'Isle, se dresse un hommage discret mais émouvant aux soldats tombés lors de la Grande Guerre. Loin des monuments massifs des grandes villes, celui-ci illustre parfaitement la manière dont les communes rurales du Périgord ont su conjuguer modestie des moyens et profondeur du recueillement pour honorer leurs morts. Le monument prend place au fond d'un square en forme de triangle isocèle, dont la géométrie particulière confère à l'ensemble une mise en scène naturelle et rigoureuse. Ce cadre végétal, clos par un muret de pierre, crée une intimité propice au souvenir, isolant le visiteur du flux quotidien du village et l'invitant à une pause mémorielle. La composition architecturale repose sur un mur en moellons percé de trois portes, disposition tripartite qui évoque à la fois les portes symboliques de l'au-delà et la tradition des arcs de triomphe funéraires. En son centre trône un médaillon sculpté par l'artiste A. Pugnet, dont le travail apporte une touche humaniste et personnelle à l'ensemble monumental, rappelant que chaque nom gravé désigne un visage, une famille, une histoire. Inscrit aux Monuments Historiques par arrêté du 21 octobre 2014, ce mémorial bénéficie aujourd'hui d'une reconnaissance patrimoniale méritée. La restauration de la grille et du sol a permis de lui restituer sa cohérence d'origine, sans trahir l'esprit de sobriété qui le caractérise. Pour le visiteur attentif, ce monument est une invitation à mesurer ce que la Première Guerre mondiale représenta pour les villages périgordins, saignés à blanc par quatre années d'un conflit sans précédent.
Architecture
Le monument se distingue par une composition architecturale sobre et bien ordonnée, caractéristique des mémoriaux ruraux du deuxième quart du XXe siècle. Son élément central est un mur en moellons de pierre — matériau traditionnel du bâti périgourdin — percé de trois ouvertures en forme de portes, conférant à l'ensemble une allure à la fois austère et solennelle. Cette tripartition, évocatrice des arcs triomphaux de l'Antiquité revisités par le vocabulaire funéraire républicain, structure visuellement la composition et guide le regard vers le médaillon sculpté au centre. Le médaillon, œuvre du sculpteur A. Pugnet, constitue le seul élément ornemental marqué de la composition. Réalisé en bas-relief, il introduit une dimension humaine et artistique dans un ensemble dominé par la minéralité du moellon. Le square triangulaire dans lequel s'inscrit le monument est clos d'un muret bas, délimitant un espace de recueillement distinct du domaine public, à la manière d'un enclos sacré. L'ensemble répond aux canons esthétiques du mémorial de guerre de l'entre-deux-guerres en France : refus du monument ostentatoire, valorisation des matériaux locaux, intégration paysagère soignée. La géométrie triangulaire du square, inhabituelle, confère au site une identité visuelle propre et optimise l'effet de perspective depuis le carrefour, rendant le monument visible et lisible depuis les deux rues convergentes. La restauration ultérieure de la grille et du sol a permis de restituer à l'ensemble sa cohérence formelle originelle.


