Manoir Le Châtelet, situé à Fontaine-Milon (Maine-et-Loire), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Joyau de la première Renaissance angevine, le manoir Le Châtelet cache un trésor intérieur signé David d'Angers, sculpteur de génie qui y fit ses premières armes sous la direction de son père en 1806.
Niché dans la douce campagne du Maine-et-Loire, à Fontaine-Milon, le manoir Le Châtelier est l'un de ces édifices discrets qui recèlent une densité historique et artistique hors du commun. Construit après 1533 sur les vestiges d'un territoire seigneurial bien plus ancien, il incarne avec élégance l'art de vivre de la noblesse angevine à l'aube de la Renaissance, époque où les formes nouvelles venues d'Italie commençaient à transformer en profondeur l'architecture ligérienne. Ce qui rend Le Châtelet véritablement exceptionnel, c'est la superposition de deux âmes artistiques distinctes. La première est celle de la Renaissance — visible dans l'ordonnancement sobre et raffiné de sa façade, dans le travail de la pierre de tuffeau si caractéristique de l'Anjou, dans les détails architecturaux qui trahissent l'influence des nouveaux courants venus transalpins. La seconde est celle de l'Empire, insufflée au début du XIXe siècle par une famille désireuse de remettre le manoir au goût d'une époque triomphante. C'est précisément cette décoration intérieure Empire qui fait du Châtelet un monument à part. En 1806, le sculpteur angevin Pierre-Louis David est chargé de réaménager les intérieurs. Il s'adjoint l'aide de son fils, le jeune Pierre-Jean David, alors âgé d'une vingtaine d'années, qui deviendra le célèbre David d'Angers, l'un des sculpteurs les plus importants du XIXe siècle français. Lambris finement sculptés, trumeaux, dessus-de-porte et papiers peints Empire composent un ensemble décoratif d'une rare cohérence, témoignage précieux d'un moment charnière dans la carrière du futur maître. Pour le visiteur amoureux de patrimoine, Le Châtelet offre une expérience intime et authentique, loin de l'agitation des grands sites touristiques. Ici, l'architecture parle doucement, dans un cadre champêtre qui n'a guère changé depuis des siècles. La sobriété extérieure rend d'autant plus saisissante la richesse des intérieurs, créant un effet de surprise particulièrement plaisant. Inscrit aux Monuments Historiques depuis 1987, le manoir témoigne de la densité patrimoniale de l'Anjou, région qui, de Fontevraud aux châteaux de la Loire, n'a jamais cessé d'étonner les amateurs de vieilles pierres.
Le manoir Le Châtelet présente une architecture sobre et élégante, représentative de la première Renaissance en Anjou. Construit après 1533, il adopte le vocabulaire architectural en vogue dans la région ligérienne : les murs sont vraisemblablement élevés en tuffeau, cette pierre calcaire blanche et tendre si caractéristique de l'Anjou et de la Touraine, facile à tailler et propice aux décors sculptés. La composition générale du manoir s'organise selon une logique résidentielle affirmée, avec une façade régulière rythmée par des fenêtres à meneaux et traverses, encadrements moulurés, et peut-être quelques lucarnes ouvragées coiffant la toiture — autant de signes distinctifs du style de la première Renaissance provinciale. L'élévation traduit la transition entre le logis médiéval tardif et la nouvelle sensibilité architecturale : les formes restent encore proches de la tradition gothique dans leur structure d'ensemble, mais les détails ornementaux — pilastres, coquilles, entrelacs — trahissent l'influence des modèles italianisants diffusés depuis les grands chantiers royaux. La toiture à forte pente, couverte vraisemblablement en ardoise selon l'usage angevin, couronne l'édifice d'une silhouette caractéristique. L'intérieur constitue le véritable joyau du Châtelet. La campagne de décoration de 1806 a doté les pièces principales d'un ensemble cohérent de style Empire : lambris de hauteur sculptés aux motifs caractéristiques du style — palmettes, couronnes de laurier, cygnes, griffons —, trumeaux encadrant des glaces ou des peintures, dessus-de-porte agrémentés de bas-reliefs, le tout complété par des papiers peints Empire qui créent une atmosphère d'une rare intégrité. Cet ensemble décoratif, réalisé par Pierre-Louis David et son fils qui allait devenir David d'Angers, constitue un témoignage exceptionnel de l'art de l'intérieur français du Premier Empire.
Manoir Le Châtelet est situé à Fontaine-Milon, dans le département Maine-et-Loire, en Pays de la Loire, en France.
Manoir Le Châtelet date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Manoir Le Châtelet est actuellement fermé au public.