Maison
Au cœur du Périgord Vert, la maison Fousseyraud fascine par sa charpente en chêne d'une ingéniosité rare et sa légende de pierres arrachées à une abbaye révolutionnaire.
Histoire
Nichée dans la douce campagne de Milhac-de-Nontron, aux confins nord de la Dordogne que l'on appelle le Périgord Vert, la maison Fousseyraud est l'un de ces édifices discrets qui réservent leurs trésors à qui sait regarder. Loin des fastes des châteaux et des abbayes célébrées, elle appartient à cette catégorie de demeures rurales françaises où l'histoire s'est logée dans les pierres sans tambour ni trompette, attendant patiemment d'être redécouverte. Ce qui frappe d'emblée, c'est la composition de la maison elle-même : deux parties distinctes, articulées autour d'un axe sud où se concentre l'essentiel des volumes. On y accède par un escalier à terrasse, dont la rampe livre un indice précieux de l'histoire du lieu : une pierre de remploi ornée de ce qui ressemble à quatre salamandres sculptées. Ce motif, cher à François Ier, évoque des réemplois anciens, peut-être issus de quelque demeure seigneuriale disparue, et confère à l'ensemble une ambiance de palimpseste architectural. Mais la véritable star de Fousseyraud se dissimule sous les toits : une charpente en chêne d'une conception technique tout à fait originale. À une époque où les artisans ruraux se contentaient généralement de solutions éprouvées, le charpentier de Fousseyraud a choisi un système à entrait retroussé avec des poinçons prolongés et des contre-fiches courbes qui témoignent d'une maîtrise et d'une créativité remarquables. Pour l'amateur de patrimoine bâti, cette charpente constitue à elle seule un voyage dans le temps. Le cadre environnant ajoute au charme du lieu. Le Périgord Vert, avec ses collines boisées, ses ruisseaux ombreux et ses villages de pierre blonde, offre un écrin naturel propice à la contemplation. Milhac-de-Nontron est une commune rurale tranquille, à l'écart des grands flux touristiques, ce qui garantit une visite apaisée, loin des foules estivales qui envahissent les sites emblématiques du Périgord Noir.
Architecture
La maison Fousseyraud présente un plan en deux corps distincts, dont le principal s'étend au sud. L'accès à l'entrée principale se fait par un escalier extérieur conduisant à une terrasse, solution architecturale courante dans les demeures périgordines du XIXe siècle, qui permet de ménager un sous-sol ou une cave accessible depuis le niveau de la cour. La rampe de cet escalier intègre une pierre de remploi sculptée représentant ce qui pourrait être quatre salamandres, motif héraldique ou ornemental qui renvoie peut-être à une tradition décorative antérieure à la construction actuelle. L'originalité majeure de Fousseyraud réside dans sa charpente en chêne, conçue selon le principe de l'entrait retroussé. Ce système, plus élaboré que la charpente à entrait portant simple, permet de dégager l'espace intérieur sous les combles. Ici, les poinçons se prolongent largement en dessous du plan des entraits retroussés et sont stabilisés par quatre contre-fiches courbes, formant un squelette structural d'une rare élégance. Une longue poutre horizontale relie l'ensemble des poinçons entre eux, tandis que des entretoises assurent la liaison avec les entraits. Au sommet, deux contre-fiches supplémentaires ancrent le poinçon à la panne faîtière. L'ensemble des assemblages est réalisé à tenons et mortaises, fixés par des chevilles de bois, selon la tradition charpentière française la plus ancienne et la plus fiable. Cette charpente constitue un témoignage exceptionnel du savoir-faire artisanal rural périgourdin du XIXe siècle.
Personnages liés
Carte
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