Maison, situé à Marcq-en-Baroeul (Nord), est un édifice moderne construit aux XIXe-XXe siècles. Le monument est actuellement fermé au public.
Chef-d'œuvre Art Déco de 1933 à Marcq-en-Barœul, cette villa conjugue néo-classicisme et références bruxelloises dans un dialogue élégant entre deux écoles architecturales transfrontalières.
À Marcq-en-Barœul, commune résidentielle cossue de la métropole lilloise, se dresse une villa qui témoigne avec finesse du raffinement industriel des années trente. Commandée par Jules Notelaers, un biscuitier prospère de Tourcoing, cette maison particulière incarne la culture architecturale franco-belge qui caractérisait alors les grandes fortunes textile et agro-alimentaire du Nord. Inscrite aux Monuments Historiques depuis 1995, elle constitue un jalon discret mais essentiel dans l'histoire de l'architecture régionale de l'entre-deux-guerres. Ce qui rend cette demeure véritablement singulière, c'est la tension créatrice entre deux langages architecturaux apparemment opposés : d'un côté, la rigueur ordonnée du néo-classicisme, de l'autre, la liberté ornementale de l'Art Déco. L'architecte R. Vandenheede, formé dans la tradition bruxelloise, parvient à les réconcilier avec une maîtrise remarquable. Les références à l'architecture bourgeoise belge — notamment les hôtels particuliers des avenues du bois de la Cambre ou de l'avenue Louise à Bruxelles — transparaissent dans la composition des façades, tandis que les détails décoratifs parlent résolument le langage des Années folles. L'intérieur de la maison prolonge cette ambition esthétique totale, chère à l'idéal Art Déco de l'œuvre d'art intégrale. Le mobilier, dessiné sur mesure par l'architecte lui-même et exécuté par la prestigieuse maison Decoene de Courtrai, transformait chaque pièce en un ensemble cohérent où architecture et arts décoratifs ne formaient qu'un. Si une partie de ce mobilier d'origine a malheureusement disparu, l'architecture intérieure conserve la puissance d'un projet pensé jusque dans ses moindres détails. Visiter cette villa, c'est plonger dans l'univers d'une bourgeoisie industrielle franco-belge à son apogée, celle qui commandait ses maisons à des architectes reconnus, faisait travailler les meilleurs artisans des deux côtés de la frontière et habitait des demeures conçues comme des manifestes esthétiques. Dans le paysage architectural du Nord-Pas-de-Calais, souvent dominé par les grandes usines et les corons, cette réalisation constitue un témoignage rare du mécénat privé de l'entre-deux-guerres. Le cadre résidentiel de Marcq-en-Barœul, avec ses larges avenues arborées et ses jardins préservés, offre à la villa un écrin digne de son ambition. Pour les amateurs d'architecture Art Déco, pour les passionnés d'histoire industrielle nordiste ou pour ceux qui cherchent à comprendre les échanges culturels intenses entre la France et la Belgique dans la première moitié du XXe siècle, cette maison classée représente une destination incontournable.
L'architecture de cette villa de 1933 repose sur un mariage savant entre néo-classicisme et Art Déco, deux courants que l'on pourrait croire antinomiques mais que l'architecte Vandenheede réconcilie avec une habileté toute bruxelloise. La composition générale des façades obéit à une logique classique : symétrie, hiérarchie des niveaux, traitement soigné des ouvertures encadrées et couronnées selon les règles académiques. La référence aux hôtels particuliers de la grande bourgeoisie belge est perceptible dans le gabarit, le rythme des travées et la sobriété monumentale d'ensemble. Mais c'est dans le détail décoratif que l'Art Déco s'impose avec force. Les ornements géométrisés, les motifs stylisés empruntés au vocabulaire des arts décoratifs des années vingt et trente, les ferronneries aux lignes tendues, les encadrements de baies aux moulures angulaires — autant d'éléments qui trahissent l'influence de l'Exposition de 1925 et des courants modernistes belges contemporains. L'usage de matériaux nobles, pierre de taille et enduits soignés, confère à l'ensemble une qualité d'exécution caractéristique des constructions bourgeoises de qualité de cette époque dans le Nord. À l'intérieur, le programme décoratif d'origine poursuivait cette logique d'œuvre totale : menuiseries dessinées sur mesure, mobilier intégré conçu par l'architecte, jeux de boiseries et de moulures créant des ambiances distinctes dans chaque pièce. La maison Decoene de Courtrai, chargée de l'exécution des meubles, garantissait un niveau artisanal exceptionnel. Si une partie de ce dispositif intérieur a disparu, les volumes, les circulations et les décors architecturaux fixes témoignent encore de la cohérence initiale du projet.
Maison est situé à Marcq-en-Baroeul, dans le département Nord, en Hauts-de-France, en France.
Maison date d'une période construite à l'époque moderne (XIXe-XXe siècle).
Maison est actuellement fermé au public.