Maison Renaissance du XVIe siècle à Hennebont, remarquable par sa fenêtre en pan coupé et son corps de bâtiment arrière à pans de bois et briques, témoignage rare de l'architecture civile bretonne de la Renaissance.
Au cœur d'Hennebont, cité médiévale du Morbihan longée par le Blavet, se dresse discrètement l'une des plus belles maisons civiles du XVIe siècle de Basse-Bretagne. Classée monument historique dès 1925, cette demeure urbaine a traversé près de cinq siècles sans perdre l'essentiel de ses caractères architecturaux d'origine, ce qui en fait un témoin exceptionnel de l'habitat bourgeois breton à l'époque de la Renaissance. Ce qui distingue immédiatement la maison parmi les bâtisses hennebontaises, c'est l'élégante fenêtre en pan coupé ménagée à l'angle nord-ouest. Ce dispositif, typique des maisons à échauguettes ou à oriel de la Renaissance bretonne, permettait à la fois d'éclairer généreusement les pièces d'angle et d'affirmer le statut social de son propriétaire sur la rue. La finesse de sa taille en pierre témoigne du savoir-faire des maîtres-maçons locaux, héritiers d'une tradition gothique flamboyant progressivement nourrie d'influences nouvelles venues d'Italie et de la Loire. Derrière la façade principale se révèle un bâtiment annexe accolé, construit à la même époque, où la pierre cède la place à une structure en pans de bois et briques. Ce mélange de matériaux, caractéristique des villes portuaires et commerçantes de l'estuaire du Blavet, offre un contraste saisissant et rappelle que la Bretagne du XVIe siècle était un carrefour de techniques constructives, entre tradition charpentière normande et maçonnerie granitique locale. La visite de cette maison, même depuis la rue, est une invitation à ralentir le pas dans le centre historique d'Hennebont. Elle s'inscrit naturellement dans un parcours patrimonial qui inclut les remparts médiévaux, la basilique Notre-Dame-du-Paradis et les portes fortifiées de la ville. Pour l'œil attentif, chaque détail — mouluration, appareillage, proportion des baies — raconte une page de l'histoire sociale et économique d'une cité prospère à l'aube des Temps modernes.
La maison présente les caractères typiques de l'architecture civile bretonne de la Renaissance : un volume compact, une façade ordonnée et une recherche décorative concentrée sur les ouvertures. L'élément le plus remarquable est la fenêtre en pan coupé ouverte à l'angle nord-ouest, dispositif architectural qui permet d'animer la jonction de deux façades tout en offrant une vue dégagée sur la rue. Cette fenêtre, dont les piédroits et la traverse sont vraisemblablement moulurés selon le répertoire Renaissance — bases, chapiteaux feuillagés, arcs en anse de panier ou en plein cintre —, illustre la diffusion des formes nouvelles dans l'architecture civile provinciale bretonne au milieu du XVIe siècle. Les murs de la façade principale sont probablement en granite, matériau omniprésent dans le Morbihan, taillé avec soin pour les encadrements de baies et les chaînages d'angle. La toiture, à forte pente selon la tradition bretonne, était à l'origine probablement couverte d'ardoise d'Anjou ou du Finistère, matériau qui s'imposa dans l'habitat urbain aisé de Basse-Bretagne dès le XVIe siècle. Dans la cour ou en contrebas de la rue, le corps de bâtiment annexe accolé constitue un second intérêt architectural majeur. Sa structure en pans de bois hourdés de briques témoigne d'une tradition constructive différente, plus proche des techniques du nord et de l'est de la France, adaptée ici à un usage de service ou d'entrepôt. L'association de la maçonnerie granitique et de la charpente de bois sur un même ensemble parcellaire reflète la diversité technique et la vitalité économique d'Hennebont au temps de la Renaissance.
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