Maison, situé à Dunkerque (Nord), est un monument historique. Le monument est actuellement fermé au public.
Chef-d'œuvre Art Nouveau dunkerquois, cette maison Ringot déploie une façade en ciment simili-pierre sculptée d'allégories du Jour et de la Nuit, entre visages féminins, coq solaire et chouette nocturne.
Au cœur de Dunkerque, parmi les cicatrices et les reconstructions d'une ville meurtrie par les guerres, la maison Ringot surgit comme un manifeste de pierre et de ciment, un manifeste de la beauté ornementale portée à son paroxysme Art Nouveau. Sa façade, entièrement sculptée dans un ciment simili-pierre d'une blancheur crème légèrement patinée, capte le regard dès le premier coup d'œil et impose une pause dans le pas du passant. Ce qui rend cette demeure véritablement unique, c'est la cohérence de son programme iconographique. Tout y raconte une même histoire : le cycle cosmique du temps, le passage du Jour à la Nuit. Deux visages féminins se font écho — l'un éveillé, lumineux, tourné vers le monde, l'autre aux paupières closes, plongé dans le songe — tandis qu'un coq héraldique et une chouette mystérieuse complètent ce bestiaire symboliste. Chaque ornement est pensé, chaque volute s'inscrit dans un récit que le sculpteur Maurice Ringot a ciselé avec une maîtrise digne des ateliers parisiens de la Belle Époque. Visiter la maison Ringot, c'est d'abord s'arrêter sur le trottoir et lever les yeux. L'architecture impose ce rituel : la façade est un tableau vertical dont on lit les niveaux comme des strophes. Les courbes végétales, les mascarons féminins et les détails zoomorphes se révèlent progressivement, invitant à une contemplation lente. Les amateurs d'Art Nouveau y retrouveront l'esprit de Guimard ou de Vallin, appliqué à une architecture domestique bourgeoise du Nord. Le cadre urbain de Dunkerque ajoute une dimension mélancolique à la visite. Dans une ville largement reconstruite après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, la maison Ringot fait figure de rescapée miraculeuse, gardienne d'une époque révolue où la façade d'une maison bourgeoise était aussi une déclaration artistique. Sa présence dans le tissu urbain contemporain n'en est que plus saisissante.
La maison Ringot appartient au registre de l'architecture domestique bourgeoise du début du XXe siècle, mais sa façade la hisse bien au-dessus de la production ordinaire de son époque. Construite en ciment simili-pierre — matériau moderne pour l'époque, qui permet une grande liberté formelle et une finesse de détail comparable à la taille directe — elle présente un élévation composée de plusieurs niveaux scandés par une ornementation dense et maîtrisée. Le programme sculpté, œuvre de Maurice Ringot, organise la façade autour d'un dualisme symbolique fort : le Jour et la Nuit. Deux visages féminins aux expressions contrastées — l'une éveillée et lumineuse, l'autre endormie et rêveuse — constituent les pièces maîtresses de ce décor. Ils sont encadrés par des motifs végétaux caractéristiques de l'Art Nouveau : tiges ondulantes, feuillages stylisés, fleurs épanouies. Le coq, symbole du lever du soleil, et la chouette, incarnation de la nuit et de la sagesse, complètent ce bestiaire allégorique avec une précision iconographique remarquable. Un oriel — bow-window en saillie — anime la façade en profondeur, quoique son couronnement d'origine ait été supprimé après 1970, diminuant l'effet de couronnement voulu par les concepteurs. Le clocheton central, aujourd'hui disparu, conférait à la toiture une verticalité supplémentaire et une silhouette plus pittoresque, typique des références flamandes qui nourrissent l'architecture Art Nouveau du Nord. Malgré ces pertes, la façade demeure un document architectural de premier ordre, témoignant de la vitalité du mouvement Art Nouveau dans les villes portuaires et industrielles du nord de la France au tournant du XXe siècle.
Maison est situé à Dunkerque, dans le département Nord, en Hauts-de-France, en France.
Maison est actuellement fermé au public.