Au cœur de Lamballe, cette demeure du XVIIe siècle révèle l'élégance sobre de l'architecture civile bretonne : colombages sculptés, granite et encorbellements témoignent d'un artisanat local d'exception.
Nichée dans les ruelles pavées de Lamballe, ancienne capitale du comté de Penthièvre, cette maison du XVIIe siècle incarne avec discrétion la prospérité bourgeoise d'une cité marchande en plein essor. Protégée au titre des Monuments Historiques depuis 1926, elle constitue l'un des rares témoins préservés de l'habitat urbain breton de l'époque classique, à une période où Lamballe affirmait son rôle de carrefour économique et administratif entre les côtes du nord de la Bretagne et l'arrière-pays. Ce qui rend cette demeure véritablement singulière, c'est la qualité de sa construction : les façades conjuguent le granite local, extrait des carrières des Côtes-d'Armor, avec des structures à pans de bois savamment ouvragés. Les modillons sculptés et les linteaux finement taillés rappellent que Lamballe disposait, au Grand Siècle, d'artisans maçons et charpentiers de premier ordre, formés dans le sillage des grands chantiers religieux de la région. Visiter cette maison, c'est s'immerger dans le tissu urbain médiéval et post-médiéval de Lamballe, à quelques pas de la collégiale Notre-Dame et du musée Mathurin Méheut. L'édifice se contemple depuis la rue, révélant ses volumes généreux, ses fenêtres à meneaux ou à croisées, et sa toiture en ardoise d'Angers aux fortes pentes caractéristiques de l'architecture bretonne septentrionale. Le quartier qui l'entoure forme un ensemble architectural cohérent où chaque façade raconte deux siècles d'histoire locale. Pour l'amateur de patrimoine, la maison s'inscrit dans un parcours de découverte du vieux Lamballe particulièrement bien conservé, offrant une lecture authentique de la ville d'Ancien Régime. Photographes et passionnés d'histoire trouveront ici une matière riche, loin des sites sur-fréquentés.
La maison présente les caractéristiques typiques de l'architecture civile bretonne du XVIIe siècle, alliance pragmatique du granite et du bois qui signe l'identité constructive des Côtes-d'Armor. La façade sur rue, probablement à encorbellement partiel, articule des murs en maçonnerie de granite appareillé et des structures à pans de bois dans les niveaux supérieurs, une technique courante dans les villes bretonnes où la maîtrise de la charpente était aussi poussée que celle de la pierre. Les ouvertures, vraisemblablement à croisées de pierre ou à linteaux droits moulurés, témoignent d'un souci de composition ordonné sans atteindre à l'ostentation. La toiture, couverte en ardoise d'Angers selon l'usage breton, présente de fortes pentes adaptées aux précipitations importantes de la région et à la rigueur des hivers armoricains. La volumétrie générale — corps principal sur deux ou trois niveaux, possible appentis ou aile en retour — correspond à l'habitat bourgeois urbain de l'époque, conçu pour abriter à la fois les espaces de réception, les logements familiaux et, en rez-de-chaussée, une activité artisanale ou commerciale. Les détails sculptés, qu'il s'agisse de corbeaux, de modillons ou de consoles soutenant les encorbellements, constituent les éléments les plus précieux de la maison sur le plan artistique. Exécutés par des tailleurs de pierre locaux, ils révèlent un vocabulaire décoratif sobre mais maîtrisé, empruntant quelques motifs au répertoire classique (volutes, feuilles d'acanthe stylisées) sans renoncer à la robustesse fonctionnelle caractéristique du bâti breton.
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