
Maison du 16e siècle
Ancien presbytère canonial du XVIe siècle à Candes-Saint-Martin, avec sa tour polygonale d'escalier et sa majestueuse lucarne à gâble triangulaire, témoin discret de la vie collégiale de la Loire.

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Histoire
Au cœur du village de Candes-Saint-Martin, là où la Vienne rejoint la Loire dans un paysage inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, se dresse une maison de pierre qui a longtemps abrité les desservants de la collégiale Saint-Martin. Discrète en apparence, elle n'en recèle pas moins une élégance architecturale propre à la Renaissance tourangelle : façade sobre mais soignée, baies à encadrements moulurés, et cette lucarne de pierre à croisée et gâble triangulaire qui couronne l'ensemble avec une noblesse tranquille. Ce qui rend cet édifice singulier, c'est la superposition de deux natures en un seul bâtiment : une demeure à vocation domestique et sacerdotale, pensée pour accueillir les chanoines du chapitre, et une architecture civile Renaissance témoignant du soin apporté aux résidences cléricales de qualité. La tour polygonale d'escalier, bien que découronnée au fil des siècles, rappelle les demeures bourgeoises et canoniales que l'on rencontre dans tout le Val de Loire au XVIe siècle. La visite de la maison s'apprécie d'abord depuis la rue, en levant les yeux vers sa façade rythmée par les baies à moulures finement conservées. L'amateur de pierre taillée et de détails Renaissance y trouvera matière à contemplation, dans un village qui concentre déjà, avec sa collégiale et son site confluent exceptionnel, une densité patrimoniale rare. Candes-Saint-Martin est l'un des plus beaux villages de France, et cette maison en est l'un des ornements méconnus. Perchée entre Loire et Vienne, elle bénéficie d'un cadre naturel et paysager d'exception, idéal pour les promeneurs curieux qui s'attardent au-delà de la collégiale. Un monument à dimension humaine, intimiste, qui parle avec éloquence de la vie intellectuelle et spirituelle du clergé collégial sous la Renaissance.
Architecture
La maison du XVIe siècle de Candes-Saint-Martin présente une architecture civile de style Renaissance tourangelle, sobre et fonctionnelle, sans ostentation mais d'une qualité d'exécution révélatrice d'un commanditaire ecclésiastique soucieux du décorum. L'édifice s'organise sur trois niveaux : un rez-de-chaussée, un étage et un comble, schéma courant dans les demeures cléricales de la Loire à cette époque. La façade principale est l'élément le plus remarquable de l'ensemble. Elle est percée de baies dont les encadrements moulurés en tuffeau sont partiellement conservés, témoignant du soin apporté au dessin des ouvertures — pilastres, gorges et moulures caractéristiques du vocabulaire Renaissance régional. Au sommet de la façade, une grande lucarne de pierre à croisée et gâble triangulaire constitue l'élément le plus spectaculaire : cette lucarne, sculptée dans le calcaire tourangeau, associe la croisée d'ogives à la forme triangulaire du fronton classique, synthèse typique du premier XVIe siècle français où gothique flamboyant et Renaissance se fondent harmonieusement. La tour polygonale d'escalier, saillant sur la façade principale, est un dispositif caractéristique des demeures ligériennes de la Renaissance : elle permet de desservir les étages depuis l'extérieur tout en constituant un élément de composition architectural à part entière. Sa forme polygonale — probablement hexagonale ou octogonale — et son couronnement original, aujourd'hui disparu, en faisaient l'un des motifs les plus élégants de la maison. Le tuffeau blanc de Touraine est le matériau de prédilection de l'ensemble, à la fois facile à tailler et lumineux, conférant à la façade cette teinte claire si caractéristique de l'architecture renaissante du Val de Loire.


