Au cœur de Dinan médiéval, la maison de la Mère Pourcel dresse ses encorbellements sculptés depuis le XVe siècle, vestige exceptionnel de l'architecture civile bretonne à pans de bois.
Nichée sur la place des Merciers, l'une des plus belles places médiévales de Bretagne, la maison dite de la Mère Pourcel est l'un des joyaux architecturaux de Dinan. Avec ses galeries à arcades en rez-de-chaussée, ses étages en encorbellement et son décor sculpté d'une finesse remarquable, elle incarne mieux que tout autre édifice civil l'âme marchande et prospère de la ville à la fin du Moyen Âge. Son nom populaire, héritage d'une tenancière dont le souvenir s'est perpétué dans la mémoire locale, lui confère une dimension humaine rare pour un édifice de cette ancienneté. Ce qui rend la maison de la Mère Pourcel véritablement unique, c'est la superposition lisible de plusieurs campagnes de construction couvrant près de six siècles : des fondations médiévales du XIIIe siècle jusqu'aux remaniements discrets du XVIIIe siècle, en passant par la remarquable façade à colombages du XVe siècle, chaque strate raconte une page de l'histoire urbaine de Dinan. Les sablières et les aisseliers sont ornés de motifs végétaux, de figures grimaçantes et de frises géométriques caractéristiques du gothique flamboyant breton. La visite de la place des Merciers, sur laquelle la maison donne fièrement, est en elle-même une expérience hors du temps. L'alignement des maisons à galeries basses, autrefois occupées par les étals des marchands, crée une perspective médiévale quasi intacte. La maison de la Mère Pourcel, par son gabarit imposant et la richesse de ses sculptures, trône naturellement au cœur de cet ensemble. Le cadre de Dinan amplifie encore l'émotion : perchée sur un promontoire dominant la Rance, la ville a préservé comme nulle autre son tissu urbain médiéval. Remparts, tours, ruelles pavées et maisons à colombages forment un écrin dans lequel la maison de la Mère Pourcel s'insère avec une évidence saisissante. Photographes et amateurs d'histoire y trouveront matière à émerveillement à chaque heure du jour.
La maison de la Mère Pourcel est un exemple accompli de l'architecture civile à pans de bois telle qu'elle se pratiquait en Bretagne à la fin du Moyen Âge. La façade principale, rythmée par des travées de colombages posés en encorbellement successifs, crée cette silhouette caractéristique où chaque étage déborde légèrement sur le précédent, maximisant la surface habitable tout en créant un jeu d'ombre et de lumière animé. Le rez-de-chaussée s'ouvre sur une galerie à arcades en pierre, dispositif typique des maisons de commerce médiévales, qui permettait aux marchands d'exposer leurs marchandises à l'abri des intempéries. La charpente en chêne, ossature principale de l'édifice, est remarquablement travaillée. Les sablières horizontales et les aisseliers obliques qui soutiennent les encorbellements sont sculptés de motifs végétaux stylisés, de feuilles d'acanthe, de rinceau et de petites figures expressives appartenant au répertoire décoratif du gothique flamboyant breton. Ces éléments sculptés, aujourd'hui partiellement protégés par des enduits anciens, révèlent sous un éclairage rasant toute la qualité du travail des charpentiers du XVe siècle. Les fenêtres à meneaux en pierre, insérées dans les travées de colombages, apportent une note de verticalité gothique à la composition d'ensemble. Les interventions du XVIIIe siècle ont introduit quelques modifications dans la distribution intérieure et dans certaines ouvertures, sans altérer la cohérence architecturale médiévale. Les murs en maçonnerie de schiste et de granite, matériaux de prédilection en Côtes-d'Armor, constituent les parties les plus anciennes de l'édifice, assurant sa stabilité structurelle depuis le XIIIe siècle. La toiture à forte pente, couverte d'ardoises bretonnes, complète harmonieusement cette silhouette qui fait de la maison de la Mère Pourcel l'un des repères visuels les plus puissants de la place des Merciers.
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