Élégant château du XVIIIe siècle niché dans un parc muré de Cesson-Sévigné, le château de la Salette-de-Cucé séduit par sa façade à pavillons, son balcon en fer forgé et son toit en dôme couronné d'une gerbière aux ornements leonins.
Au cœur de la couronne verte de Rennes, le château de la Salette-de-Cucé se dresse à Cesson-Sévigné comme un exemple accompli de l'architecture seigneuriale bretonne du siècle des Lumières. Conçu par l'architecte Binet, cet ensemble harmonieux conjugue la rigueur classique française et le goût décoratif raffiné propre aux grandes demeures de la noblesse parlementaire rennaise. Son inscription aux Monuments Historiques en 1970 consacre la valeur patrimoniale d'un édifice trop souvent méconnu des grands itinéraires touristiques. Ce qui distingue immédiatement la Salette-de-Cucé, c'est la silhouette composite de ses toitures : une succession de pavillons aux couvertures variées crée un profil animé, presque pittoresque, qui rompt avec la monotonie de certains châteaux de plain-champ. Le toit en dôme du pavillon central, percé d'une imposante gerbière ornée de têtes de lion, de consoles renversées et de chutes de fruits, constitue à lui seul un véritable morceau de sculpture architecturale. On perçoit ici l'influence des maîtres-maçons rennais qui, après le grand incendie de 1720, remodelèrent la ville à l'aune d'un classicisme tempéré d'exubérance baroque. La façade occidentale, articulée autour d'un pavillon central encadré de corps en retrait et d'ailes saillantes, offre une leçon d'équilibre et de symétrie. Le balcon du premier étage, en fer forgé finement ouvragé, soutenu par quatre consoles à enroulements et à feuilles d'acanthe, est l'un des plus beaux exemples de ferronnerie d'art de l'agglomération rennaise. Au-dessus, le grand fronton triangulaire mouluré, enrichi d'une rosace et de rinceaux, achève de donner à l'ensemble cette distinction qui caractérise les grandes maisons de la bourgeoisie et de la robe bretonnes. Le château est enveloppé d'un parc muré dont la clôture minérale isole un monde à part, préservé des extensions urbaines de la métropole rennaise. La chapelle fin XVIIIe siècle, logée dans l'aile nord, avec son abside à pans coupés, témoigne de la persistance d'une vie spirituelle domestique et rappelle que ces grandes demeures étaient de véritables microcosmes autonomes. Une visite, même depuis l'extérieur, permet de mesurer la qualité d'une architecture soignée jusqu'aux moindres détails.
Le château de la Salette-de-Cucé est une œuvre de l'architecte Binet, représentative du classicisme français régional tel qu'il s'épanouit en Bretagne au XVIIIe siècle. La façade occidentale, la plus élaborée, obéit à une composition tripartite classique : un pavillon central dominant, deux corps de bâtiment légèrement en retrait et deux ailes saillantes qui enserrent l'ensemble d'un mouvement dynamique. Cette organisation, héritée du vocabulaire des grands hôtels particuliers parisiens, confère à l'édifice une allure à la fois aristocratique et accueillante. La richesse ornementale de la façade se concentre sur plusieurs éléments remarquables. Au premier étage, un balcon en fer forgé finement ouvragé, soutenu par quatre consoles à enroulements et à feuilles d'acanthe, illustre l'excellence de la ferronnerie bretonne du siècle des Lumières. Le deuxième étage est couronné d'un grand fronton triangulaire mouluré, dont le tympan est animé d'une rosace centrale accostée de deux rinceaux en volutes — motif caractéristique du répertoire décoratif Louis XV. La silhouette est enfin dominée par un toit en dôme, véritable pièce maîtresse de la composition, percé d'une grande gerbière aux ornements sculpturaux : deux consoles renversées, deux chutes de fruits suspendues à des anneaux, le tout encadré de têtes de lion qui semblent monter la garde. L'ensemble des toitures, variées dans leur forme et leur profil, donne à l'édifice cette silhouette animée, presque pittoresque, qui le distingue des châteaux de façade uniformément classiques. L'aile nord abrite la chapelle privée, construite à la fin du XVIIIe siècle en remplacement d'un édifice plus ancien. Sobre en façade, elle se signale par son abside à pans coupés, solution architecturale élégante permettant d'inscrire un espace liturgique dans un volume rectangulaire contraint. L'ensemble du domaine est ceint d'un mur de clôture qui délimite un parc, témoignage de l'art des jardins et de la volonté de ces grandes familles de constituer des espaces de verdure privatifs aux portes de Rennes.
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