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Château de la Cour-au-Berruyer, Cheillé, Centre-Val de Loire

Château de la Cour-au-Berruyer

Château

Joyau de la Renaissance tourangelle niché à Cheillé, la Cour-au-Berruyer dévoile ses hautes lucarnes à frontons, sa tour d'escalier Henri II et un ancien manoir à pilastres d'une élégance rare.

Château de la Cour-au-Berruyer, Cheillé, Centre-Val de Loire

© Wikimedia Commons

Histoire

Au cœur de la Touraine profonde, entre vignes et prairies bercées par l'Indre, le château de la Cour-au-Berruyer compose un tableau architectural d'une cohérence saisissante. Loin des itinéraires balisés de la Loire touristique, ce château discret réserve à ceux qui le découvrent une leçon de pierre sur la Renaissance française à son apogée : celle du règne de Henri II, époque où les maîtres d'œuvre locaux savaient marier le tuffeau et la brique avec une grâce que l'on qualifierait volontiers de naturelle. Le château se présente comme un ensemble articulé autour d'une cour intérieure, dominé par un corps de logis principal flanqué d'une tour d'escalier cylindrique et complété d'une aile basse à galerie sur arcades. Cette disposition en L, typique des demeures seigneuriales du milieu du XVIe siècle, confère à l'ensemble une respiration architecturale que l'on ressent dès le franchissement du portail d'avant-cour. La silhouette du château est rythmée par de hautes lucarnes en pierre couronnées de frontons triangulaires et cintrés alternés, décors savants qui trahissent une connaissance affirmée du vocabulaire classique. Mais ce qui distingue véritablement la Cour-au-Berruyer, c'est la coexistence, en un même domaine, de deux moments de la Renaissance : le petit manoir qui jouxte le portail d'entrée conserve des fenêtres encadrées de pilastres appartenant à la « première Renaissance », celle qui tâtonne encore vers l'antique avec une fraîcheur émue. Confronter ces deux couches stylistiques à quelques mètres d'intervalle constitue un exercice d'histoire de l'art grandeur nature, accessible à tout visiteur attentif. Le cadre participe pleinement au charme du lieu. Les douves sèches ou les fossés résiduels, la végétation ancienne des communs et la douceur climatique du val de l'Indre enveloppent le château d'une atmosphère de temps suspendu. Photographes et amateurs d'architecture trouveront ici des angles et des lumières que les grandes forteresses survisitées n'offrent plus guère.

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