Joyau néoclassique de la presqu'île de Rhuys, le château de Kerlevénan déploie ses jardins entre art français et anglais, face aux eaux scintillantes du golfe du Morbihan.
Posé en sentinelle sur la presqu'île de Rhuys, le château de Kerlevénan est l'une des demeures de la fin du XVIIIe siècle les plus séduisantes de Bretagne. Élevé vers 1780 à l'initiative du marquis de Gouvello, il allie la rigueur élégante de l'architecture néoclassique à la douceur d'un paysage ouvert sur le golfe du Morbihan, dont les lumières iodées traversent les perspectives du parc à toute heure du jour. Ce qui rend Kerlevénan véritablement singulier, c'est l'entrelacement lisible de deux époques et de deux philosophies du jardin. Le visiteur évolue à la fois dans les vestiges d'un jardin à la française — allées rectilignes, parterre en hémicycle, escaliers de pierre — et dans la flânerie douce d'un parc à l'anglaise aménagé au XIXe siècle, avec ses bosquets enveloppants et ses vues savamment ménagées sur le golfe. Deux conceptions du rapport à la nature, deux siècles d'histoire paysagère, coexistent ici sans se contredire. Les fabriques parsemées dans le parc ajoutent une dimension poétique et théâtrale à la promenade. Le Temple de l'Amour, converti en chapelle au cours du XIXe siècle, conserve toute la grâce rêveuse des folies du siècle des Lumières. Le pavillon chinois, reflet de l'engouement européen pour l'Orient, rappelle que le marquis de Gouvello entendait faire de son domaine une scène d'art de vivre à la pointe du goût de son temps. Pour le photographe ou l'amateur de patrimoine, les façades du château offrent un sujet de choix : pierre de taille appareillée avec soin, lignes horizontales équilibrées, perron refait au XIXe siècle qui donne à l'ensemble une prestance sobre et assurée. La visite idéale conjugue l'exploration des jardins et l'observation des détails architecturaux depuis le parterre sud, là où l'axe rectiligne dialogue avec l'eau miroitante du golfe à l'horizon.
Le château de Kerlevénan s'inscrit dans le courant néoclassique de la fin du XVIIIe siècle, caractérisé par la recherche de la pureté des lignes, la référence à l'Antiquité gréco-romaine et le refus de l'exubérance baroque. La façade principale, sobre et équilibrée, est composée selon une symétrie rigoureuse qui reflète l'idéal rationnel des Lumières. Les matériaux employés sont ceux de la tradition constructive bretonne — granit et pierre de taille — travaillés avec une précision qui trahit la main d'un architecte formé aux canons académiques. Le perron refait au XIXe siècle confère à l'entrée une dignité classique supplémentaire, sans trahir l'esprit de l'édifice d'origine. Le parc constitue un élément architectural à part entière. Deux strates paysagères parfaitement distinctes s'y superposent : les vestiges du jardin à la française de 1780, avec son bassin, ses escaliers et ses axes de composition, et le jardin à l'anglaise du XIXe siècle, avec ses courbes naturalistes, ses perspectives ouvertes sur le golfe et ses masses boisées savamment disposées. Le parterre en hémicycle restitué au XXe siècle devant la façade sud articule ces deux grammaires paysagères. Les fabriques du parc méritent une attention particulière. Le Temple de l'Amour, de plan circulaire ou polygonal à colonnes légères selon la tradition des folies du XVIIIe siècle, et le pavillon chinois à la toiture caractéristique, sont des exemples précieux de l'art ornemental de la fin de l'Ancien Régime en Bretagne. La serre ajoutée au XIXe siècle complète cet ensemble architectural diversifié.
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