Immeuble
Au cœur de Périgueux, cet immeuble Renaissance du XVIe siècle dévoile la prospérité marchande de la ville : façades à fenêtres moulurées, pilastres et décors sculptés témoignant du raffinement périgourdin de la Renaissance.
Histoire
Dans le lacis des ruelles médiévales et Renaissance de Périgueux, cet immeuble du XVIe siècle s'impose comme l'un des témoins les plus éloquents de l'âge d'or urbain de la cité périgourdine. Inscrit aux Monuments Historiques dès 1936, il appartient à cet ensemble exceptionnel de demeures civiles qui font de Périgueux l'une des villes les mieux dotées en architecture Renaissance de tout le Sud-Ouest français. Ce qui distingue cet édifice des constructions ordinaires de l'époque, c'est la qualité de son vocabulaire architectural : la Renaissance périgourdine ne se contentait pas de singer les modèles italiens importés par la cour de François Ier, elle les interprétait avec une saveur locale, mariant le calcaire doré du Périgord aux leçons venues de la Loire. Les façades sur rue, rythmées par des travées de fenêtres à croisées de pierre, révèlent une maîtrise remarquable de la composition et du dessin ornemental. L'expérience de la visite est d'abord celle d'une immersion dans le tissu urbain Renaissance le plus dense de Périgueux. En parcourant les rues avoisinantes — notamment autour de la place de la Clautre et du quartier Saint-Front — on comprend combien cet immeuble s'inscrit dans un continuum architectural rare, où chaque façade dialogue avec ses voisines à travers les mêmes motifs sculptés, les mêmes proportions et la même noblesse de la pierre. Le cadre lui-même contribue à l'émotion du visiteur : Périgueux, cité gallo-romaine et médiévale, offre une stratification historique unique, du temple de Vesunna aux coupoles de la cathédrale Saint-Front. L'immeuble du XVIe siècle prend place dans cette longue histoire comme le chapitre d'une Renaissance provinciale pleinement assumée, loin des faste royaux mais d'une élégance bourgeoise et marchande bien affirmée.
Architecture
L'immeuble appartient au registre de l'architecture civile Renaissance périgourdine, un style qui se caractérise par la synthèse entre la tradition constructive locale en calcaire du Périgord et les apports du vocabulaire ornemental venu d'Italie via les grands chantiers royaux français. La façade, orientée sur rue selon l'usage urbain de l'époque, présente vraisemblablement un ordonnancement en travées régulières, rythmé par des fenêtres à croisées de pierre finement moulurées dont les appuis et les linteaux sont sculptés de motifs Renaissance : oves, rais-de-cœur, médaillons à profils ou rinceaux végétaux. Les matériaux mis en œuvre sont caractéristiques de la région : le calcaire local, d'une teinte chaude allant du blanc crémeux au doré selon son exposition, est travaillé avec une précision qui témoigne du savoir-faire des tailleurs de pierre périgordins. Les murs gouttereaux sont maçonnés en moellons de calcaire, tandis que les éléments de décor — encadrements de baies, corniches, pilastres — sont réalisés en pierre de taille soigneusement appareillée. La toiture, selon le type courant dans la ville, est couverte de tuiles canal ou de lauzes selon la date exacte de la construction et les remaniements ultérieurs. L'organisation intérieure suit le plan habituel des immeubles de rapport ou demeures urbaines du XVIe siècle : un rez-de-chaussée à vocation commerciale ou de stockage, ouvrant sur la rue, surmonté d'un ou deux niveaux d'habitation desservis par un escalier en vis ou à rampes droites, souvent logé dans une tour d'escalier en retour sur cour. Les plafonds à poutres apparentes, les cheminées à manteau de pierre sculpté et les sols en tomettes de terre cuite constituent l'essentiel du décor intérieur d'origine.
Personnages liés
Carte
Coordonnées non disponibles pour ce monument.


