Immeuble, situé à Lille (Nord), est un monument médiéval construit au Moyen Âge. Le monument est actuellement fermé au public.
Joyau de la bourgeoisie lilloise fin XIXe, cet immeuble haussmannien recèle un intérieur stupéfiant : salon mauresque en rotonde, mosaïques de marbre et plafonds peints commandités par un magnat du papier.
Au cœur de Lille, derrière une façade bourgeoise typique du dernier quart du XIXe siècle, se dissimule l'un des intérieurs privés les plus fascinants du Nord de la France. Commandité par Alexandre Cannone, industriel prospère du secteur papetier, cet immeuble est bien plus qu'un simple lieu de résidence : c'est un manifeste du goût et de l'ambition sociale d'une grande bourgeoisie provinciale en pleine apogée. Ce qui distingue fondamentalement ce bâtiment de ses voisins, c'est la richesse extraordinaire de ses espaces intérieurs, pensés comme un véritable écrin de représentation. Le hall d'entrée en marbre, orné de mosaïques finement travaillées et de personnages peints sur les vantaux des portes, frappe d'emblée le visiteur par son faste mesuré. Chaque pièce raconte une ambition décorative différente, un éclectisme savant propre à l'ère victorienne. La pièce maîtresse reste sans conteste le salon mauresque en rotonde, curiosité absolue qui témoigne de la fascination orientaliste traversant l'Europe cultivée des années 1880. Cette mode, popularisée par les Expositions universelles et les voyages en Orient, s'invite ici dans un appartement lillois avec une audace remarquable. À l'opposé, une chambre au plafond orné d'une scène religieuse rappelle que piété et ostentation n'étaient pas contradictoires dans la bourgeoisie catholique du Nord. Le plafond à caisson et le parquet en marqueterie d'une autre salle complètent ce panorama décoratif d'une cohérence stylistique rare, où chaque détail — boiseries, stucs, mosaïques — a été pensé dans une logique d'ensemble. Protégé au titre des Monuments Historiques depuis 2005, cet immeuble demeure un témoignage irremplaçable de l'art de vivre des grandes familles industrielles du Nord à la Belle Époque naissante.
L'immeuble s'inscrit dans le vocabulaire architectural éclectique caractéristique du dernier quart du XIXe siècle, où les références historiques — néo-Renaissance, néo-classicisme, orientalisme — coexistent avec une maîtrise technique propre à la modernité industrielle. La façade, construite selon les canons haussmanniens adaptés au goût lillois, présente vraisemblablement un ordonnancement régulier de baies, des moulures et corniches soignées, caractéristiques de la production architecturale bourgeoise de cette période dans le nord de la France. C'est cependant l'intérieur qui constitue l'essentiel de l'intérêt architectural de l'édifice. Le hall d'entrée en marbre, revêtu de mosaïques polychromes, introduit d'emblée un vocabulaire décoratif luxueux. Les portes ornées de personnages peints brouillent la frontière entre architecture et arts décoratifs. La succession des pièces d'apparat révèle une logique de mise en scène sociale typique des appartements de prestige de la Belle Époque : chaque espace possède son propre registre décoratif, du plafond à caisson au parquet en marqueterie géométrique, des boiseries sculptées aux stucs peints. Le salon mauresque en rotonde constitue la pièce la plus singulière de l'ensemble. La forme en rotonde, empruntée à l'architecture savante, accueille un décor d'inspiration orientale — arceaux outrepassés, motifs géométriques et arabesques probables — qui évoque les grands salons mauresques des demeures aristocratiques européennes de la même époque. Cette audace formelle, conjuguée à la chambre au plafond à sujet religieux, illustre parfaitement la liberté stylistique revendiquée par une bourgeoisie qui entend affirmer sa culture autant que sa fortune.
Immeuble est situé à Lille, dans le département Nord, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite au Moyen Âge (XIe-XVe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.