Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Au cœur de la Grand'Place d'Arras, cet immeuble classé Monument Historique depuis 1920 incarne le baroque flamand dans toute sa splendeur : façade en pierre bleue et brique, pignon à volutes et galerie d'arcades à nuls autres pareils.
Arras est l'une des rares villes de France à avoir conservé un ensemble urbain baroque flamand d'une cohérence presque miraculeuse. Parmi les immeubles qui composent ce théâtre de pierre et de brique encadrant la Grand'Place et la Place des Héros, certains se distinguent par leur ancienneté, la qualité de leur décor sculpté ou la hardiesse de leurs pignons à volutes. L'immeuble classé Monument Historique par arrêté du 15 janvier 1920 appartient à ce cercle d'exception : protégé très tôt, à une époque où la France de l'après-guerre cherchait à sauvegarder ce qui restait debout après les destructions de 1914-1918, il témoigne de la vitalité architecturale d'une cité qui fut, du XVe au XVIIe siècle, l'une des plus prospères des anciens Pays-Bas méridionaux. Ce qui rend ces immeubles arrageois véritablement uniques en France, c'est leur ancrage dans une tradition constructive qui n'a guère d'équivalent au sud de la frontière belge : l'alliance de la brique rouge et de la pierre blanche de Lézennes, la rythmique savante des arcades au rez-de-chaussée — qui permettaient autrefois le commerce abrité — et la silhouette festonnée des pignons à gradins ou à volutes qui se découpent sur le ciel du Pas-de-Calais. Chaque façade est un manifeste de l'art de vivre flamand, où l'ornement n'est jamais gratuit mais toujours porteur d'un message de prestige et de prospérité. Visiter cet immeuble — ou simplement s'arrêter devant lui pour en déchiffrer la façade — c'est entamer un dialogue à travers les siècles avec les marchands drapiers, les notables et les échevins qui firent la fortune d'Arras. Les arcades du rez-de-chaussée, héritées du modèle des places marchandes médiévales, invitent le visiteur à flâner à l'abri, à lever les yeux vers les étages richement ornés, à percevoir dans le détail d'un chapiteau ou d'une corniche l'empreinte d'un atelier de sculpteurs locaux. Le cadre est tout aussi remarquable : les deux places d'Arras forment un ensemble inscrit au titre des sites pittoresques et régulièrement cité parmi les plus beaux exemples d'architecture civile du nord de la France. La lumière rasante des après-midis d'automne révèle avec une acuité particulière le relief des sculptures et la texture des matériaux, faisant de ce lieu un paradis pour les photographes et les amateurs d'architecture.
L'immeuble s'inscrit dans la tradition de l'architecture civile flamande telle qu'elle s'est développée dans les anciens Pays-Bas méridionaux entre le XVe et le XVIIIe siècle. Sa façade associe la brique rouge et la pierre calcaire blanche de la région — dite pierre de Lézennes ou pierre bleue du Hainaut — selon un camaïeu bicolore caractéristique de l'art constructif arrageois. Le rez-de-chaussée est percé d'arcades en plein cintre ou en anse de panier reposant sur des piliers trapus, héritage direct des loges marchandes médiévales qui permettaient le commerce à l'abri des intempéries. Les étages, organisés en travées régulières, sont animés par une succession de fenêtres à croisée ou à meneaux, surmontées de frontons alternativement triangulaires et cintrés aux niveaux supérieurs. Les chambranles en pierre sculptée, les clés d'arc ornées de mascarons ou de motifs végétaux, et les cordons horizontaux en pierre qui scandent la verticalité de la façade témoignent d'une maîtrise de l'ornement baroque septentrional. Le couronnement en pignon à volutes ou à gradins — élément le plus spectaculaire et le plus photographié — confère à l'ensemble sa silhouette si reconnaissable dans le panorama des places d'Arras. La toiture, à forte pente selon l'usage nordique, est couverte d'ardoises ou de tuiles plates selon les sections, avec des lucarnes à frontons qui prolongent vers le ciel le dynamisme vertical de la façade. À l'intérieur, la distribution en profondeur sur une parcelle étroite et longue — typique du parcellaire urbain médiéval — organise les espaces autour d'un couloir axial ou d'un escalier à vis, avec des caves voûtées en berceau qui s'étendent parfois sous la place publique.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.