Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Au cœur d'Arras, cet immeuble classé Monument Historique incarne le génie flamand et baroque de la Grand-Place, avec ses arcades à colonnettes et ses façades à pignons dorés sculptées dans la pierre blanche du Hainaut.
Arras est l'une des rares villes de France à avoir préservé un ensemble urbain aussi cohérent et saisissant que ses deux places jumelles — la Grand-Place et la Place des Héros — bordées de cent cinquante-cinq façades baroques flamandes classées. Parmi elles, cet immeuble figure en bonne place dans ce patrimoine exceptionnel, protégé depuis le tout premier arrêté de classement au lendemain de la Première Guerre mondiale, en 1919, alors que la ville relevait encore de ses ruines. Ce qui rend cet édifice véritablement unique, c'est qu'il témoigne d'une reconstruction minutieuse — quasi à l'identique — d'un tissu urbain médiéval et baroque presque entièrement détruit par les bombardements allemands entre 1914 et 1918. Arras a en effet subi l'un des pilonnages les plus dévastateurs du conflit, et sa renaissance pierre par pierre constitue l'un des exploits architecturaux les plus remarquables du XXe siècle français. Visiter cet immeuble, c'est donc lire simultanément deux histoires : celle d'une prospérité marchande flamande de l'Ancien Régime, et celle d'une reconstruction héroïque portée par la volonté collective d'une cité meurtrie. L'expérience de visite est avant tout celle d'une immersion dans l'urbanisme baroque septentrional. Depuis les arcades en grès calcaire qui courent au rez-de-chaussée, le regard remonte naturellement vers les étages scandés de pilastres, de lucarnes ouvragées et de pignons à volutes caractéristiques de l'architecture civile des anciens Pays-Bas espagnols. La lumière du Nord, rasante et dorée en fin de journée, révèle la finesse des ornements sculptés et la qualité du calcaire local. Le cadre environnant amplifie cette impression : les deux places d'Arras forment un écrin cohérent où ce bâtiment dialogue avec ses voisins dans une harmonie rare. Les cafés abrités sous les arches, les marchés hebdomadaires et l'animation quotidienne restituent quelque chose de l'atmosphère des anciennes foires de la laine et du pastel qui firent la fortune de la ville à la fin du Moyen Âge.
L'immeuble s'inscrit dans le vocabulaire architectural du baroque flamand tel qu'il se développa dans les anciens Pays-Bas espagnols aux XVIe et XVIIe siècles. La façade, construite en calcaire blanc du Hainaut — une pierre fine et résistante qui donne aux places d'Arras leur teinte dorée caractéristique —, se développe sur plusieurs travées rythmées par des pilastres superposés d'ordre classique. Le rez-de-chaussée s'ouvre sur des arcades en plein cintre reposant sur de robustes colonnes, constituant le passage couvert continu qui court sur toute la longueur des places et constitue la signature urbanistique d'Arras. Les étages supérieurs sont scandés de fenêtres à encadrements moulurés, surmontées de clés sculptées à motifs végétaux ou de masques. La composition s'achève par un pignon à redents et volutes caractéristique du style baroque septentrional, percé d'une lucarne ouvrée qui accroche la lumière rasante du Nord. Les toitures, en ardoise bleue, contribuent à l'harmonie chromatique de l'ensemble. Intérieurement, la distribution suit le plan-type des maisons de négoce arrageoise : un rez-de-chaussée à vocation commerciale profond, permettant l'accès aux caves voûtées — vestige probable d'une organisation médiévale antérieure — et des étages résidentiels desservis par un escalier intérieur à rampe en fer forgé. La qualité des matériaux et le soin apporté aux détails ornementaux extérieurs témoignent du rang social élevé de ses commanditaires d'origine.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.