Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Au cœur d'Arras, cet immeuble classé Monument Historique dès 1919 incarne le génie architectural flamand : façades en pierre calcaire, pignons à gradins et galeries voûtées qui ont traversé les siècles et les guerres.
Arras est une ville à part dans le paysage patrimonial français. Ses deux grandes places — la Grand'Place et la Place des Héros — constituent l'un des ensembles urbains baroques flamands les plus remarquables d'Europe du Nord, et les immeubles qui les bordent en sont l'âme vivante. Classé Monument Historique par arrêté du 26 décembre 1919, cet immeuble arrageois appartient à ce corpus exceptionnel d'architectures civiles qui ont survécu à deux guerres mondiales et à des reconstructions titanesques. Ce qui rend cet édifice véritablement singulier, c'est sa capacité à cristalliser une identité architecturale proprement arrageoise, à la charnière des influences flamandes et françaises. Les façades à pignons à gradins ou en volutes, les arcades en plein cintre qui courent au rez-de-chaussée pour former les célèbres « boves » — ces caves voûtées médiévales creusées à même la craie picarde — témoignent d'une tradition constructive continue depuis le Moyen Âge. Visiter cet immeuble, c'est parcourir plusieurs strates de l'histoire urbaine d'Arras : le commerce drapier médiéval qui fit la fortune de la ville, l'affirmation bourgeoise des XVIIe et XVIIIe siècles, puis la résurrection héroïque de l'après-1918, lorsque les architectes durent reconstruire à l'identique une ville rasée à 80 % par les bombardements. Cette reconstruction fidèle, souvent qualifiée de « faux vrai », est elle-même devenue une performance patrimoniale unique en France. Le cadre dans lequel s'inscrit l'édifice magnifie l'expérience : les rues pavées, les enseignes en fer forgé, le murmure des arcades qui offrent un déambulatoire couvert par tous les temps composent une scénographie urbaine dont peu de villes françaises peuvent se targuer. Arras est une ville qui se visite à pied, lentement, en levant la tête vers les frontons ouvragés.
L'architecture de cet immeuble arrageois est représentative du style baroque flamand qui caractérise l'ensemble des façades de la Grand'Place et de la Place des Héros d'Arras. La composition verticale, rythmée par des pilastres et des baies à meneaux ou à croisées, s'achève en pignon à gradins ou à volutes, signature inimitable de l'architecture civile du Nord de la France et de la Belgique. Le rez-de-chaussée est percé d'arcades en plein cintre reposant sur des colonnes ou des piliers de pierre calcaire blanche extraite des carrières locales, formant la galerie couverte caractéristique du centre arrageois. Les matériaux employés témoignent d'une tradition locale ancienne : la craie et le calcaire lutétien de l'Artois constituent l'essentiel de la maçonnerie, tandis que les encadrements de fenêtres, les corniches et les ornements sculptés — cartouches, mascarons, frontons brisés — manifestent le savoir-faire des tailleurs de pierre flamands. Les toitures à forte pente, couvertes d'ardoises naturelles ou de tuiles plates selon les édifices, contribuent à la silhouette si reconnaissable de la ville. En sous-sol, les boves constituent un élément architectural exceptionnel : ce réseau de caves voûtées en berceau de craie, parfois sur plusieurs niveaux, forme un véritable labyrinthe sous les places arrageoisés. Utilisées comme entrepôts commerciaux au Moyen Âge, comme refuges pendant les deux conflits mondiaux, elles représentent un patrimoine souterrain unique dont cet immeuble possède vraisemblablement sa propre portion.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.