Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Au cœur d'Arras, cet immeuble classé Monument Historique depuis 1921 incarne le génie flamand des façades baroque, mêlant briques roses et pierre blanche en un dialogue architectural rare.
Arras est l'une des cités les plus singulières du Nord de la France, et ses immeubles classés en témoignent avec éloquence. La Grand-Place et la Place des Héros constituent l'un des ensembles baroque flamand les mieux préservés d'Europe, et les immeubles qui les bordent — dont celui-ci, protégé par arrêté de classement dès le 10 février 1921 — en sont les joyaux architecturaux. Cet édifice s'inscrit dans un paysage urbain d'une cohérence remarquable, où chaque façade dialogue avec ses voisines tout en affirmant sa propre identité stylistique. Ce qui rend cet immeuble réellement distinctif, c'est son appartenance à la tradition architecturale flamande que les constructeurs artésiens ont su adapter avec une virtuosité propre à la région. Pignons à gradins ou en volutes, pilastres, arcades en plein cintre au rez-de-chaussée permettant le passage des marchands sous les galeries couvertes — ces éléments font de chaque immeuble arrageoises un microcosme de l'histoire des échanges entre la France du Nord, les Flandres et l'Espagne des Habsbourg. Visiter cet immeuble, c'est plonger dans un art de vivre urbain qui n'a guère d'équivalent en France. Les fameux « caves d'Arras », ces souterrains médiévaux qui courent sous une grande partie du centre historique, ajoutent une dimension souterraine fascinante à la découverte : certains immeubles de la place donnent directement accès à ce réseau labyrinthique, utilisé jadis pour stocker les marchandises et, plus tard, pour abriter les populations pendant les bombardements. Le cadre est saisissant en toutes saisons. En été, les façades ocre et roses se reflètent dans les pavés humides ; en hiver, les illuminations de Noël transforment les places en décor de conte flamand. La lumière rasante du matin ou du soir fait apparaître le relief des sculptures et des modénatures avec une précision photographique que les amateurs d'architecture apprécieront tout particulièrement.
L'immeuble s'inscrit dans la grande tradition des architectures civiles flamandes qui caractérisent le centre historique d'Arras. Sa façade, comme celles de ses voisines, articule un rez-de-chaussée à arcades en plein cintre — permettant jadis la circulation couverte des marchands — avec des étages rythmés par des pilastres et des fenêtres à croisée de pierre. Le pignon à gradins ou à volutes couronne la façade, signature visuelle immédiatement reconnaissable de l'architecture arrageoise. Les matériaux employés sont caractéristiques de la région : la brique rose locale, cuite dans les nombreuses tuileries artésiennes, se marie à la pierre calcaire blanche extraite des carrières du Pas-de-Calais, créant ce bichromie élégante qui donne aux places d'Arras leur tonalité si particulière. Les décors sculptés — consoles, chapiteaux, cartouches, masques et entrelacs — témoignent d'une maîtrise artisanale héritée des compagnons flamands et perpétuée par les tailleurs de pierre artésiens. À l'intérieur, la distribution traditionnelle des immeubles arrageois prévoyait un rez-de-chaussée commercial ou d'entrepôt, des étages d'habitation aux plafonds souvent à poutres apparentes, et des caves voûtées en berceau donnant parfois accès au réseau souterrain de la ville. La toiture à forte pente, couverte de tuiles flamandes ou d'ardoises, est percée de lucarnes à fronton qui éclairent les combles et participent à la silhouette si caractéristique du skyline arrageois.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.