Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Au cœur d'Arras, cet immeuble classé Monument historique depuis 1919 incarne le génie architectural flamand : façade baroque en calcaire, galeries à arcades et pignons à gradins caractéristiques des Grand-Places du Nord.
Arras est l'une des rares villes de France à avoir conservé un ensemble urbain d'une cohérence architecturale aussi saisissante, et cet immeuble classé en est l'un des fleurons silencieux. Niché dans le tissu serré des rues et places qui font la renommée de la capitale du Pas-de-Calais, il témoigne de cette culture du bâti bourgeois qui s'épanouit dans les anciens Pays-Bas espagnols entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, mêlant pierre bleue de l'Artois, brique cuite et stucs en façade. Ce qui rend ce monument singulier, c'est d'abord sa parfaite intégration dans le paysage urbain arrageois, tout en portant en lui les traces distinctes d'une prospérité marchande ancienne. Les façades à pignons à gradins — typiques de l'architecture flamande — dialoguent avec les arcades du rez-de-chaussée, héritage des loggias commerciales qui abritaient drapiers et négociants en grains lors des grandes foires médiévales. Chaque détail sculpté, chaque pilastre et chaque modénature raconte une époque où Arras rivalisait d'opulence avec Bruges et Gand. Pour le visiteur, s'arrêter devant cet immeuble, c'est lire à livre ouvert plusieurs siècles d'histoire économique et sociale du Nord de la France. Le jeu des lumières en fin d'après-midi, lorsque le soleil rasant dore la pierre calcaire, révèle la finesse des reliefs sculptés en façade et transforme la rue en décor de théâtre baroque. Amateurs de photographie urbaine et passionnés d'histoire trouveront ici un sujet d'une richesse insoupçonnée. Le cadre immédiat renforce encore l'expérience : Arras, reconstruite avec une fidélité remarquable après les destructions de la Première Guerre mondiale, offre un écrin urbanistique exceptionnel. Les Grand-Place et Petite-Place voisines, avec leurs 155 façades à arcades classées à l'Unesco au titre de bien en série, constituent l'horizon naturel de cet immeuble, qui s'inscrit dans l'un des ensembles baroques les mieux préservés d'Europe du Nord.
L'immeuble s'inscrit dans la grande tradition de l'architecture civile flamande-artésienne, caractérisée par une façade en calcaire blanc de l'Artois (parfois associé à de la brique) rythmée verticalement par des pilastres ou des colonnes engagées, et scandée horizontalement par des bandeaux de pierre moulurés séparant les niveaux. Le rez-de-chaussée présente vraisemblablement une arcade en plein cintre ou en anse de panier, héritage direct des loggias commerciales médiévales qui bordaient les places de marché arrageoises — disposition que l'on retrouve de manière quasi systématique dans les immeubles des Grand-Place et Petite-Place classés. La façade sur rue est surmontée d'un pignon à gradins ou à volutes — signature incontestable du baroque flamand — dont les rampants en pierre sculptée dessinent un profil élancé sur le ciel du Nord. Les fenêtres, à croisée ou à meneau selon l'époque de construction, sont encadrées de crossettes ou de chambranles profilés, et certaines travées peuvent présenter des cartouches ou des mascarons témoignant du goût ornemental du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle. Les toitures, à forte pente caractéristique du climat nordique, étaient traditionnellement couvertes d'ardoises naturelles ou de tuiles plates. Intérieurement, la distribution suivait le schéma courant des maisons de négoce : un rez-de-chaussée dévolu au commerce ou à l'artisanat, des niveaux supérieurs réservés à l'habitation de la famille propriétaire, avec salles de réception en façade sur rue et pièces de service en fond de parcelle. Les escaliers, à volée droite ou à vis en pierre, constituaient souvent le seul élément de décor intérieur investi de quelque soin architectural.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.