Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Témoin de pierre de l'histoire arrageoise, cet immeuble classé Monument Historique depuis 1919 incarne l'architecture civile flamande dans toute sa richesse ornementale et sa remarquable cohérence urbaine.
Au cœur d'Arras, ville dont le tissu urbain constitue l'un des ensembles baroque et classique les plus préservés du nord de la France, cet immeuble classé Monument Historique s'impose comme un élément irremplaçable du paysage architectural de la cité. Sa protection dès 1919 — soit au lendemain immédiat de la Grande Guerre, alors qu'Arras pansait ses plaies colossales — témoigne de l'urgence ressentie à l'époque de préserver ce qui pouvait encore l'être dans une ville meurtrie à plus de 60 % par les bombardements. L'immeuble s'inscrit dans la longue tradition constructive arrageoise, héritière des influences flamandes et espagnoles qui ont façonné l'architecture civile de la région entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Les façades à pignons, les arcades en briques et pierre bleue, les lucarnes ouvragées : autant de signatures stylistiques que l'on retrouve ici avec une élégance caractéristique des demeures bourgeoises de l'Artois. Visiter cet édifice, c'est plonger dans la mémoire d'une ville qui a su se reconstruire sans renier son identité. Arras est en effet célèbre pour ses deux grandes places — la Grand-Place et la Place des Héros — dont les arcades datent pour l'essentiel des XVIIe et XVIIIe siècles. Dans ce contexte architectural exceptionnel, chaque immeuble classé constitue un fragment d'une narration collective, celle d'une bourgeoisie marchande prospère qui a su marier austérité nordique et raffinement ornemental. L'expérience de visite, même extérieure, offre au promeneur une leçon d'histoire urbaine en plein air. La lumière rasante des matins d'automne révèle avec une acuité particulière les sculptures en pierre, les modillons travaillés et les détails de ferronnerie qui ornent la façade. Pour les amateurs d'architecture civile et d'histoire locale, ce monument est une étape indispensable dans la découverte d'Arras.
L'immeuble présente les caractéristiques typiques de l'architecture civile artésienne, marquée par une synthèse entre les traditions constructives flamandes et les canons classiques français diffusés à partir du XVIIe siècle. La façade, ordonnancée selon une logique de travées régulières, associe la brique rouge à la pierre calcaire blanche pour encadrements de fenêtres, corniches et éléments sculptés — un jeu chromatique qui donne aux fronts de rue arrageois leur identité si reconnaissable. Les ouvertures, à arc en plein cintre ou à linteau droit selon les niveaux, sont soulignées par des clés sculptées et des appuis de fenêtre moulurés. La toiture, à forte pente selon l'usage nordique, est percée de lucarnes dont les frontons triangulaires ou curvilignes participent à la dynamique verticale de la composition. Les détails de ferronnerie — garde-corps, consoles de volets — ajoutent une touche d'élégance artisanale caractéristique du savoir-faire local. L'intérieur, dans la tradition des maisons de maîtres artésiennes, devait comporter un escalier de distribution en pierre ou en bois tourné, des pièces de représentation en enfilade au premier étage et des caves voûtées en brique au sous-sol — réseau souterrain dont Arras est particulièrement célèbre, les « boves » ayant joué un rôle stratégique lors des deux conflits mondiaux.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.