Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Au cœur d'Arras, cet immeuble du XVIIe siècle incarne l'âge d'or de l'architecture civile arrageoise, avec ses façades en brique et pierre calcaire typiques du style Louis XIII, classé Monument Historique depuis 1942.
Dans le tissu urbain dense et prestigieux d'Arras, capitale du Pas-de-Calais, certains immeubles du XVIIe siècle s'imposent comme des témoins silencieux mais éloquents d'une époque de prospérité marchande et de renouveau architectural. Cet immeuble, inscrit aux Monuments Historiques par arrêté du 20 juillet 1942, appartient à cette catégorie rare de bâtiments civils qui ont traversé guerres, révolutions et reconstructions sans perdre leur âme. Arras fut, au XVIIe siècle, une ville en pleine mutation. Rattachée définitivement au royaume de France en 1659 par le traité des Pyrénées, elle connut un essor architectural remarquable, ses bourgeois et négociants rivalisant d'élégance pour orner la cité de demeures à la hauteur de leur fortune. C'est dans ce contexte de renaissance urbaine que cet immeuble vit le jour, conjuguant les traditions constructives flamandes héritées des siècles précédents avec les canons classiques imposés par le goût français montant. L'édifice se distingue par sa façade caractéristique, où la brique rouge et la pierre de taille calcaire dialoguent avec une harmonie propre à l'art de bâtir de la région. Les proportions équilibrées des baies, les modénatures soignées et la qualité du travail de la pierre témoignent du savoir-faire des artisans locaux, formés à une école où l'exigence n'était jamais sacrifiée à la vitesse. Visiter cet immeuble — ou simplement contempler sa façade depuis la rue — c'est plonger dans l'intimité d'une ville qui a toujours su se reconstruire avec caractère. Dans un contexte urbain où les destructions massives de la Première Guerre mondiale ont effacé tant de témoignages anciens, la survie de ce bâtiment du XVIIe siècle relève presque du miracle et lui confère une valeur patrimoniale inestimable. Arras elle-même mérite qu'on s'y attarde : ses célèbres places Grand-Place et Place des Héros, bordées de maisons flamandes à pignons, forment un écrin baroque unique en France, dont cet immeuble représente un prolongement naturel vers une architecture plus intimiste et quotidienne, celle de la ville vécue plutôt que de la ville mise en scène.
L'immeuble illustre avec fidélité les caractéristiques de l'architecture civile arrageoise du XVIIe siècle, héritière d'une double tradition : le classicisme français montant, diffusé depuis Paris par les grandes commandes royales, et le raffinement constructif flamand profondément ancré dans la culture bâtisseuse locale. La façade conjugue brique et pierre calcaire selon un rythme bicolore très typique du style Louis XIII régional, où la sobriété des lignes n'exclut pas une attention constante aux détails : encadrements de fenêtres moulurés, chaînes d'angle en pierre de taille, appuis sculptés aux baies principales. La composition verticale de la façade obéit aux règles classiques : un rez-de-chaussée traité comme un socle solide, accueillant vraisemblablement à l'origine une activité commerciale ou artisanale, surmonté d'un ou deux étages destinés à l'habitation, le tout couronné d'un comble à la française en ardoise. Les travées de fenêtres, régulièrement espacées, confèrent à l'ensemble une ordonnance mesurée, signe d'une maîtrise architecturale qui dépasse la simple utilité. Les matériaux employés sont ceux que privilégiaient les bâtisseurs artésiens de l'époque : la brique cuite locale pour les parties courantes, la pierre de Marquise ou d'Écaussines pour les éléments structurants et décoratifs. Cette alliance de matériaux, économique et esthétique à la fois, définit une palette chromatique chaleureuse — le rouge orangé de la brique contre le blanc crémeux de la calcaire — qui caractérise le visage authentique d'Arras avant les destructions du XXe siècle.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.