Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Au cœur d'Arras, ce remarquable immeuble classé Monument Historique depuis 1919 incarne l'élégance architecturale de la cité artésienne, témoin précieux du patrimoine urbain des Hauts-de-France.
Arras, capitale du Pas-de-Calais, est l'une des villes françaises les plus remarquables pour la richesse de son patrimoine architectural urbain. Ses deux places emblématiques — la Grand'Place et la Place des Héros — constituent l'un des ensembles de maisons à façades baroques flamandes les plus impressionnants d'Europe. C'est dans ce contexte exceptionnel que s'inscrit cet immeuble classé, dont la protection monumentale, accordée dès 1919, témoigne de l'importance reconnue très tôt par l'État français. Ce qui rend ce bâtiment singulier, c'est précisément sa double appartenance : à une ville qui a su préserver et reconstruire avec soin un tissu urbain mis à rude épreuve par les conflits, et à une tradition architecturale flamando-espagnole qui fait d'Arras une cité à nul autre pareil dans le nord de la France. Les façades à pignons à gradins, les arcades au rez-de-chaussée, les pilastres sculptés et les lucarnes ouvragées constituent la signature visuelle inimitable de l'architecture arrageoise, et cet immeuble en est l'un des représentants protégés. Visiter cet immeuble, c'est plonger dans plusieurs siècles d'histoire urbaine : celle d'une ville prospère grâce au commerce de la laine et des tapisseries, d'une cité passée sous domination espagnole puis française, et d'un centre reconstructed avec une fidélité remarquable après les destructions de la Première Guerre mondiale. Chaque pierre, chaque arcade raconte une strate de cette histoire mouvementée. L'immeuble se fond dans le tissu urbain arrageois tout en s'en distinguant par les caractères qui ont justifié sa protection. Il offre au visiteur attentif la possibilité de lire, dans l'architecture, les traces des influences successives qui ont façonné le visage de la ville : gothique tardif, baroque flamand, classicisme français. Un palimpseste de pierre au cœur d'une ville-mémoire.
L'immeuble s'inscrit dans la grande tradition de l'architecture civile arrageoise, caractérisée par une synthèse unique entre le gothique tardif nordique et le baroque flamand. Les façades de ce type de construction présentent généralement un rez-de-chaussée rythmé par des arcades en plein cintre ou en anse de panier, sous lesquelles se déploient des galeries couvertes permettant la circulation des piétons et des marchands. Cette particularité, héritée des influences espagnoles et flamandes des XVe-XVIIe siècles, confère aux rues d'Arras une atmosphère à la fois méridionale et nordique, absolument singulière en France. Les niveaux supérieurs se distinguent par une ornementation soignée : pilastres engagés encadrant les travées de fenêtres, entablements sculptés, frontons triangulaires ou courbes surmontant les baies, et surtout un pignon à gradins ou à volutes caractéristique du style baroque flamand. Les matériaux dominants sont la pierre blanche calcaire de la région et, pour certains éléments structurels, la brique, dont l'usage est traditionnel dans tout le nord de la France. Les toitures à forte pente, recouvertes d'ardoise bleue, achèvent de camper la silhouette typique de ces immeubles. À l'intérieur, la disposition reflète les usages commerciaux et résidentiels qui ont marqué l'histoire de la ville : un vaste rez-de-chaussée autrefois dédié au négoce, des étages résidentiels aux plafonds souvent ornés de poutres apparentes ou de décors stuqués, et des caves voûtées — les fameuses « boves » d'Arras, creusées dans la craie — qui constituent un réseau souterrain unique en Europe, utilisé comme entrepôts, refuges et même hôpitaux de campagne pendant les guerres.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.