Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Témoin de l'architecture civile arrageoise, cet immeuble classé Monument Historique depuis 1920 incarne l'élégance discrète des façades flamandes qui font la renommée incomparable de la Grand-Place d'Arras.
Arras est l'une des villes françaises les plus remarquables pour son patrimoine architectural civil, et ses immeubles classés en sont la quintessence. Nichée au cœur du Pas-de-Calais, la cité des Atrebates a su conserver, malgré les ravages de deux guerres mondiales, un tissu urbain d'une cohérence stylistique rare, dominé par ces façades à pignons baroque et baroque tardif qui font la fierté de la région. L'immeuble classé dès le 7 février 1920 s'inscrit pleinement dans cette tradition architecturale flamande qui distingue Arras de toutes les autres villes du nord de la France. Ce qui rend ce bâtiment singulier, c'est précisément son appartenance à un ensemble urbain unique en Europe. Les maisons à arcades d'Arras, avec leurs hauts pignons à gradins ou en volutes, leurs pilastres et leurs fenêtres à meneaux, composent un théâtre de pierre et de brique dont chaque immeuble est à la fois une œuvre individuelle et une partition d'un grand concert architectural. Le classement précoce de 1920, intervenu au lendemain de la Grande Guerre qui avait ravagé la ville, témoigne de la volonté des autorités de préserver un patrimoine alors menacé de disparition définitive. Visiter cet immeuble, c'est plonger dans l'atmosphère singulière des anciennes cités drapières du nord, où le négoce florissant du Moyen Âge et de la Renaissance a laissé des empreintes indélébiles dans la pierre. Les arcades au rez-de-chaussée, qui permettaient autrefois la circulation des marchands et la protection des chalands contre les intempéries, évoquent une vie économique intense et une organisation urbaine d'une modernité surprenante pour l'époque. Le cadre dans lequel s'inscrit cet édifice est lui-même exceptionnel. Les grandes places d'Arras — la Grand-Place et la place des Héros — forment l'un des ensembles baroque les mieux préservés du nord de la France, classé pour partie au patrimoine mondial. Se trouver devant cette façade, c'est embrasser du regard des siècles d'histoire commerciale, sociale et artistique, dans une ville qui a su renaître de ses cendres avec une fidélité remarquable à son identité.
L'architecture de cet immeuble arrageois s'inscrit dans la tradition des maisons à arcades caractéristiques des grandes places de la cité, un style qui emprunte autant à l'héritage gothique flamand qu'aux influences Renaissance venues d'Italie et des Pays-Bas espagnols. La façade se distingue par l'alternance rythmique de pilastres en pierre calcaire blanche et de remplissages en brique rouge foncé, cette bichromie étant l'une des signatures visuelles les plus reconnaissables du patrimoine arrageois. Au rez-de-chaussée, les arcades en plein cintre ou en anse de panier reposent sur des piliers robustes et forment une galerie couverte qui prolonge l'espace public tout en protégeant les habitants et les passants. Les étages supérieurs sont rythmés par de larges fenêtres à croisée de pierre, parfois ornées de moulures et de frontons sculptés, qui laissent entrer une lumière généreuse dans les appartements. Le pignon, élément le plus spectaculaire de la façade, adopte la forme à gradins ou à volutes typique du baroque flamand, couronnant l'ensemble d'une silhouette immédiatement reconnaissable sur le fond du ciel du Nord. Les matériaux utilisés — pierre bleue de calcaire local, brique cuite à la flamande, ardoise naturelle en couverture — sont caractéristiques de la production artisanale régionale et conferent à l'édifice une robustesse éprouvée par les siècles. Les détails sculptés des chapiteaux, corniches et encadrements de baies témoignent du savoir-faire des tailleurs de pierre arrageois, formés dans une tradition artisanale qui remonte au Moyen Âge.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.