Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Au cœur d'Arras, cet immeuble classé depuis 1919 incarne l'architecture civile flamande dans toute sa splendeur : façade en grès sculpté, pignons à redans et arcades du XVIIe siècle qui font la gloire des Grand' et Petite Places.
Arras est l'une des rares villes françaises à avoir préservé un ensemble architectural civil aussi cohérent et aussi spectaculaire. Au sein de ce tableau urbain d'exception, les immeubles classés de la cité artésienne représentent l'essence même de l'architecture civile flamande : des façades généreuses, des pignons en escalier qui découpent le ciel du Nord, des arcades basses formant des portiques continus où il fait bon flâner par tous les temps. Classé monument historique dès le 18 décembre 1919 — à peine un an après l'armistice d'une Grande Guerre qui avait dévasté la région —, cet immeuble témoigne de la volonté immédiate des pouvoirs publics de protéger ce qui restait d'un patrimoine urbain éprouvé. Ce qui rend cet édifice singulier, c'est sa capacité à incarner à la fois l'histoire économique et l'ambition esthétique d'une ville marchande prospère. Arras fut, du XVIe au XVIIIe siècle, l'une des grandes places commerciales des Pays-Bas espagnols puis autrichiens, et ses immeubles de négoce reflètent cette opulence : chaque façade est un manifeste architectural, jouant des registres de pierre bleue du pays et de brique, mêlant pilastres, corniches moulurées et baies à meneau dans une cadence savante. L'expérience de visite commence dès que l'on foule les pavés des places baroques d'Arras. Les arcades des immeubles classés forment une promenade couverte de plusieurs centaines de mètres, unique en France par son ampleur et son homogénéité. Observer les façades depuis l'esplanade centrale, par un matin de lumière rasante, révèle toute la profondeur des reliefs sculptés et la subtilité des camaïeux de matériaux. La nuit, l'éclairage architectural restitue aux volumes toute leur théâtralité. Le cadre général contribue à l'intensité de l'expérience : les places d'Arras sont inscrites dans une ville qui a su se reconstruire à l'identique après 1918, faisant de sa reconstruction un acte patrimonial majeur. Déambuler sous ces arcades, c'est toucher du doigt la résilience d'une communauté qui a choisi de réaffirmer son identité architecturale contre les ravages de la guerre.
L'architecture de cet immeuble s'inscrit pleinement dans le vocabulaire de l'architecture civile flamande, caractérisée par une façade verticale rythmée de travées régulières, un rez-de-chaussée à arcades en plein cintre reposant sur des piliers trapus en pierre bleue du pays, et des étages à grandes baies à croisée de pierre. La toiture à forte pente, couverte d'ardoise ou de tuile plate selon les sections, est coiffée d'un pignon en escalier — élément distinctif du style brabancon-flamand — dont chaque degré est souligné d'un grain de pierre moulurée. La brique, omniprésente dans les murs de remplissage, dialogue avec la pierre de taille des encadrements et des corniches pour créer un camaïeu chaud et contrasté, typique de l'Artois et du Hainaut. Les façades présentent un décor sculpté d'une grande finesse : pilastres à chapiteaux composites, frises d'oves et de denticules, cartouches ornés, parfois des mascarons ou des armoiries de corporations rappelant la fonction commerciale originelle du bâtiment. À l'intérieur, les niveaux sont desservis par un escalier à vis ou à volées droites, selon la période de construction, et les plafonds à poutres apparentes ou à solives moulurées témoignent du soin apporté aux espaces de réception. Les caves voûtées, creusées dans le sous-sol calcaire artésien, constituaient autrefois des espaces de stockage essentiels pour les marchandises.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.