Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Au cœur d'Arras, cet immeuble classé Monument Historique depuis 1920 incarne l'élégance architecturale flamande et baroque de la Grand-Place, avec ses façades à pignons sculptés et ses arcades en pierre bleue du Hainaut.
Arras, chef-lieu du Pas-de-Calais, est l'une des villes françaises les plus remarquables pour son architecture civile baroque d'inspiration flamande. Les immeubles qui bordent la Grand-Place et la Place des Héros — deux des plus belles places à arcades d'Europe du Nord — constituent un ensemble urbain d'une cohérence rare, fruit d'une reconstruction méthodique entreprise après les destructions du XVIIe siècle. Parmi ces édifices, celui classé au titre des Monuments Historiques dès le 5 janvier 1920 témoigne de la volonté des élites artésiennes de s'inscrire dans une tradition architecturale à la fois locale et ouverte aux influences des Pays-Bas espagnols. Ce qui rend cet immeuble véritablement singulier, c'est sa participation à l'un des ensembles urbains les plus harmonieux du nord de la France. La façade, typiquement composée de plusieurs travées rythmées par des pilastres, des fenêtres à meneaux ou à croisées, et couronnée d'un pignon à gradins ou à volutes, dialogue avec ses voisines tout en affirmant sa propre identité ornementale. La pierre calcaire blanche, extraite des carrières régionales, contraste avec les briques rosées employées en remplissage, conférant à l'ensemble cette palette si caractéristique du baroque septentrional. Pour le visiteur, la découverte de cet édifice s'inscrit naturellement dans une déambulation sur les places arrageoisses, où les arcades — les « boves » souterraines en dessous, les couverts en surface — créent une promenade urbaine à la fois abritée et majestueuse. Observer la façade depuis le centre de la place, aux premières heures du matin lorsque la lumière rasante révèle le relief des sculptures, constitue une expérience esthétique mémorable. Le classement dès 1920, soit cinq ans seulement après la fin des combats de la Première Guerre mondiale qui avaient ravagé une grande partie d'Arras, illustre l'urgence ressentie par les pouvoirs publics de protéger les témoins architecturaux qui avaient survécu ou été restaurés. Cet immeuble s'inscrit ainsi dans une histoire collective de résilience et de mémoire patrimoniale.
L'immeuble s'inscrit dans la tradition architecturale baroque flamande qui caractérise les ensembles civils d'Arras, style développé entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle sous l'influence des Pays-Bas espagnols. La façade principale, orientée sur la place, présente une composition verticale en plusieurs travées séparées par des pilastres d'ordre classique — ionique ou corinthien selon le niveau — surmontées d'un couronnement à pignon sculpté ou à fronton brisé. Les baies des étages, généreusement proportionnées, sont encadrées de chambranles moulurés et parfois soulignées de mascarons ou de clés ornementées. Le rez-de-chaussée s'ouvre sur les arcades couvertes caractéristiques de la place, en arc en plein cintre retombant sur des piliers de pierre calcaire. Les matériaux employés reflètent la palette régionale : pierre calcaire blanche des carrières artésiennes pour les éléments structurels et décoratifs, brique rouge ou rosée en remplissage des murs, ardoise naturelle pour la couverture des toitures à forte pente. Cette combinaison chromatique, typique du baroque septentrional, confère à l'immeuble une présence à la fois sobre et lumineuse. Les caves voûtées — les « boves » creusées dans le sous-sol crayeux d'Arras — constituent une particularité technique remarquable, formant un véritable réseau souterrain reliant autrefois les différents immeubles de la place. L'intérieur, bien que moins documenté, devait comporter un escalier en pierre à balustres tournés, des plafonds à moulures et corniches, et des cheminées en marbre ou en calcaire sculpté caractéristiques de l'habitat bourgeois artésien du XVIIIe siècle.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.