Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Au cœur d'Arras, cet immeuble classé depuis 1920 incarne la splendeur de l'architecture flamande, avec ses façades à pignons à gradins et ses arcades caractéristiques des Grand-Place et Petite-Place.
Arras est l'une des rares villes françaises à avoir conservé un ensemble architectural baroque flamand d'une cohérence remarquable, et les immeubles classés Monuments Historiques de son centre y jouent un rôle de premier plan. Loin d'être de simples témoins figés du passé, ces édifices continuent de battre au rythme de la vie urbaine, mêlant commerce, logement et patrimoine avec une élégance discrète mais souveraine. Ce qui distingue ces immeubles arrageois, c'est l'équilibre presque musical entre répétition et variation : chaque façade reprend les codes fondateurs — pignon à gradins, arcades en plein cintre au rez-de-chaussée, pilastres rythmant les étages — tout en déclinant ses propres ornements en pierre blanche calcaire du Bassin minier. Les lucarnes sculptées, les corniches moulurées et les jeux de bossages confèrent à l'ensemble une personnalité affirmée. L'expérience de visite s'apprécie d'abord depuis les places emblématiques d'Arras, où les galeries à arcades offrent une promenade couverte unique en France. Sous ces voûtes, on perçoit le génie pratique des maîtres d'œuvre flamands qui surent allier esthétique et fonctionnalité, à l'abri des rigueurs climatiques du Nord. Les amateurs d'architecture seront sensibles aux détails sculptés qui révèlent tout leur raffinement à la lumière rasante du matin ou en fin d'après-midi. Le cadre urbain renforce l'émotion patrimoniale : les pavés, les façades couleur crème ocre et les toits d'ardoise composent une image d'une cohérence rare que même les destructions massives de la Première Guerre mondiale n'ont pu effacer, grâce à une reconstruction à l'identique minutieuse menée dans les années 1920-1930. Cet immeuble classé dès 1920, dans la foulée immédiate du conflit, témoigne de la volonté collective de sauvegarder une identité architecturale menacée.
L'architecture de cet immeuble arrageois s'inscrit dans le vocabulaire baroque flamand tardif, caractéristique des constructions civiles du Nord de la France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les façades, élevées en calcaire blanc de l'Artois, sont organisées selon une grammaire claire : un rez-de-chaussée percé d'arcades en plein cintre reposant sur des piliers robustes, des étages rythmés par des pilastres classiques à chapiteaux ioniques ou corinthiens, et un couronnement en pignon à gradins ou en fronton curviligne selon les variantes. Les lucarnes à ailerons sculptés et les corniches à modillons apportent une richesse ornementale sans alourdir la composition d'ensemble. Les matériaux sont caractéristiques de la région : la pierre calcaire claire du Bassin artésien pour les structures et ornements, l'ardoise bleue des Ardennes pour les toits à forte pente, et la brique dans certaines parties de remplissage ou pour les mitoyens. Les arcades du rez-de-chaussée, élément fonctionnel et esthétique majeur, sont voûtées en berceau et pavées de dalles calcaires usées par les siècles de fréquentation marchande. L'intérieur, typique des maisons de négoce du Nord, développe un plan en profondeur avec une cour arrière parfois accessible. Les planchers à solives apparentes, les cheminées à manteau moulé et les escaliers à balustres tournés constituent les éléments notables de la distribution intérieure, reflets du confort bourgeois propre à l'Artois du Grand Siècle.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.