Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Au cœur d'Arras, cet immeuble classé Monument Historique depuis 1920 incarne le génie architectural flamand : façades baroque en grès blanc, pignons à gradins et arcades de la Grand-Place, joyau unique du Nord de la France.
Arras est une ville qui s'est réinventée après chaque épreuve, et ses immeubles classés en sont la preuve la plus éloquente. Celui-ci, protégé par arrêté dès le 8 janvier 1920 — l'une des toutes premières vagues de classement au lendemain de la Grande Guerre —, appartient à ce corpus exceptionnel de bâtisses qui donnent à la cité artésienne sa silhouette si reconnaissable entre toutes. Ses façades s'inscrivent dans la continuité stylistique de la Grand-Place et de la Place des Héros, deux ensembles baroques flamands dont l'unité architecturale est unique en France. Ce qui distingue véritablement cet immeuble, c'est son appartenance à une tradition constructive qui conjugue le pragmatisme commercial bourgeois du Nord et le raffinement décoratif des Pays-Bas espagnols. Les pignons en gradins, les pilastres superposés, les lucarnes ouvragées et les arcades au rez-de-chaussée ne sont pas de simples ornements : ils témoignent d'une société marchande prospère qui, dès le XVIIe siècle, voulait affirmer sa réussite dans la pierre et le grès local. Visiter cet immeuble, c'est d'abord le contempler depuis la place, en levant les yeux pour saisir la verticalité des étages et la fantaisie des décors sculptés qui courent sur la façade. La lumière du Nord, douce et changeante, révèle à chaque heure du jour de nouveaux détails : un mascaron oublié, une corniche en saillie, une inscription à demi effacée. C'est aussi s'imprégner de l'atmosphère unique d'Arras, ville de marché et de mémoire. Le cadre est celui du centre historique arrageois, inscrit dans un tissu urbain dense où chaque façade dialogue avec ses voisines pour former un paysage architectural cohérent et immersif. La proximité de la cathédrale, des belfries et des souterrains medievaux de la ville renforce l'expérience culturelle d'ensemble, faisant de cette visite un moment de voyage dans le temps autant qu'une promenade architecturale.
L'immeuble s'inscrit dans le style baroque flamand caractéristique des places d'Arras, dont l'unité architecturale est reconnue à l'échelle nationale. La façade, élevée sur plusieurs niveaux, présente la composition verticale typique de ce corpus : rez-de-chaussée à arcades surbaissées permettant le passage couvert des piétons, étages rythmés par des pilastres superposés d'ordre corinthien ou composite, et couronnement en pignon à gradins ou fronton courbe, selon les variantes propres à chaque parcelle. Les matériaux employés sont le grès blanc de la région, extrait des carrières de l'Artois, et la brique, utilisée en remplissage ou en soubassement selon les phases de construction et de restauration. Les éléments sculptés — corniches à modillons, clés d'arc ouvragées, mascarons, guirlandes et cartouches — confèrent à la façade une richesse plastique qui contraste avec la sobriété des volumes. Les menuiseries et ferronneries d'époque, lorsqu'elles ont été conservées ou fidèlement restituées, complètent ce vocabulaire décoratif d'inspiration néerlandaise. La distribution intérieure, conforme aux usages de la maison de commerce artésienne, associait au rez-de-chaussée des espaces de négoce ou d'artisanat ouverts sur la place, et aux étages des appartements de fonction desservis par un escalier à vis ou à volée droite. La cave voûtée, caractéristique des constructions arrageoises, offrait un espace de stockage précieux dans une ville où le commerce de denrées et de textiles structurait l'économie locale.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.