Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Au cœur d'Arras, cet immeuble classé Monument Historique depuis 1920 incarne l'élégance architecturale du nord de la France, avec ses façades caractéristiques en briques et pierres blanches typiques de l'Artois.
Arras, capitale de l'Artois et joyau des Hauts-de-France, abrite dans son tissu urbain un patrimoine immobilier d'une richesse insoupçonnée. Au-delà des célèbres Grand'Place et Place des Héros, dont les façades baroques flamandes constituent l'un des ensembles les plus admirables d'Europe du Nord, la ville recèle des immeubles classés qui témoignent de l'extraordinaire densité historique de ce territoire. Cet immeuble, protégé au titre des Monuments Historiques par deux arrêtés successifs de 1920 et 1921, s'inscrit dans la tradition architecturale arrageoise qui mêle influences flamandes, espagnoles et françaises. Sa double protection, obtenue en l'espace d'un an seulement, souligne la reconnaissance précoce et unanime de sa valeur patrimoniale par les autorités de l'époque, dans un contexte d'après-guerre où la ville sortait à peine des destructions massives de 1914-1918. L'immeuble s'intègre au tissu urbain dense d'Arras, ville-forteresse à la planification rigoureuse héritée de siècles de dominations successives — bourguignonne, espagnole, française. Ses volumes, ses matériaux et ses proportions dialoguent avec le bâti environnant, participant à cette cohérence visuelle qui fait tout le charme de la cité artésienne. La brique rouge et la pierre calcaire blanche du pays y jouent sans doute leur partition habituelle, créant ce camaïeu chaud si caractéristique du nord de la France. Visiter cet immeuble ou simplement le contempler depuis la rue, c'est entrer en contact avec une strate de l'histoire arrageoise moins exposée que ses monuments phares mais tout aussi précieuse. C'est saisir comment une ville reconstruite, meurtrie, sut préserver et honorer les témoignages architecturaux qui avaient survécu aux tourments du XXe siècle. Pour l'amateur de patrimoine urbain, d'architecture civile et d'histoire régionale, ce bâtiment représente une halte indispensable dans la découverte d'Arras.
L'immeuble s'inscrit dans la tradition architecturale civile du nord de la France, caractérisée par l'alliance de la brique et de la pierre calcaire blanche de l'Artois. Cette dualité de matériaux, typique des constructions arrageoisses des XVIIe et XVIIIe siècles, confère aux façades un rythme chromatique chaleureux, alternant les tons ocre-rouge de la brique et le blanc lumineux de la pierre de taille employée pour les encadrements de fenêtres, les corniches et les éléments décoratifs. La composition de la façade obéit sans doute aux canons classiques en vigueur dans l'architecture civile de la région : ordonnancement régulier des baies, travées verticales bien marquées, appuis de fenêtres moulurés et couronnement par une corniche soignée. Les toitures, à forte pente comme il est d'usage dans cette région aux hivers rigoureux, sont vraisemblablement couvertes d'ardoises naturelles, matériau traditionnel du nord. La présence potentielle de lucarnes sculptées et d'une cave voûtée en berceau — les célèbres « boves » arrageoisses creusées dans la craie — ajouterait à l'intérêt archéologique de l'édifice. L'intérieur devait présenter, lors de sa construction, les aménagements caractéristiques des demeures bourgeoises de l'Artois : escalier en pierre à balustres tournés, plafonds à poutres apparentes ou à caissons stuqués selon la période de construction, et cheminées à manteau sculpté dans les pièces principales. La double protection au titre des Monuments Historiques suggère que l'édifice présente des éléments architecturaux ou décoratifs d'une qualité et d'une intégrité suffisamment remarquables pour justifier une mesure de conservation pérenne.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.