Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Au cœur d'Arras, cet immeuble classé Monument Historique depuis 1920 incarne l'élégance du bâti flamand, avec ses arcades en grès et sa façade rythmée caractéristique des grandes places baroques artésiennes.
Arras, capitale de l'Artois, est l'une des villes françaises dont le patrimoine architectural civil a le plus souffert des conflits, mais aussi l'une de celles qui a su se relever avec une cohérence stylistique remarquable. Au sein de ce tissu urbain d'exception, cet immeuble classé Monument Historique par arrêté du 17 janvier 1920 témoigne de l'architecture bourgeoise et commerciale qui fit la renommée de la cité dès les XVIIe et XVIIIe siècles. La singularité de ce bâtiment tient à son inscription dans la tradition architecturale flamando-baroque propre à l'Artois : façades en pierre bleue ou en brique et grès, arcades en rez-de-chaussée formant les célèbres « couverts » permettant la circulation des marchands sous les intempéries, pignons à gradins ou à volutes coiffant des travées strictement ordonnancées. Ce vocabulaire décoratif, héritage des liens historiques entre l'Artois et les Pays-Bas espagnols, confère aux immeubles d'Arras une identité sans équivalent dans le Nord de la France. Visiter cet immeuble, c'est se laisser porter par la mémoire d'une ville marchande prospère, dont les drapiers et les négociants ont bâti une fortune visible dans chaque linteau sculpté, chaque pilier de grès poli. La façade dialogue avec les grandes places de la Grand'Place et de la Place des Héros, classées parmi les plus belles ensembles architecturaux cohérents d'Europe du Nord. Pour l'amateur d'architecture civile, le promeneur curieux ou le photographe en quête de cadrages, cet édifice offre un concentré de l'art de bâtir artésien : proportions harmonieuses, matériaux nobles, détails sculptés révélant la main de compagnons maîtres de leur art. La lumière rasante de fin de journée, réfléchie par les pavés de grès, transforme la façade en une étude de volumes et d'ombres particulièrement saisissante.
L'immeuble s'inscrit dans la tradition architecturale flamando-baroque artésienne, caractérisée par un vocabulaire formel codifié mais d'une grande élégance. La façade présente une ordonnance verticale en travées régulières, animée par des pilastres ou des colonnes engagées en pierre de taille calcaire ou en grès bleuté, matériau extrait des carrières régionales de l'Artois et du Cambrésis. Le rez-de-chaussée est percé d'arcades en plein cintre ou en anse de panier, formant les couverts typiques des grandes places arrageoises, qui permettaient aux marchands et aux chalands de circuler à l'abri de la pluie. Les étages, au nombre de deux ou trois, sont rythmés par des fenêtres à meneaux ou à croisées, encadrées de chambranles moulurés, surmontées parfois de frontons triangulaires ou curvilignes. La toiture, à forte pente dans la tradition septentrionale, est couverte d'ardoise ou de tuiles mécaniques, couronnée d'un pignon à volutes ou à gradins qui constitue la signature visuelle la plus immédiatement reconnaissable de l'architecture civile arrageoise. La structure intérieure repose sur des murs porteurs épais, avec un escalier à balustres en pierre ou en bois sculpté desservant les étages. Les planchers à solives apparentes, les cheminées en marbre noir de Marquise et les éventuelles boiseries peintes témoignent du soin apporté aux décors intérieurs. L'ensemble reflète une maîtrise technique et décorative héritée des compagnons charpentiers et tailleurs de pierre formés dans les loges de la région.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.