Immeuble, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Au cœur d'Arras, cet immeuble classé Monument Historique dès 1919 incarne l'élégance flamande de la Grand-Place, avec ses arcades à pignons baroques et sa façade en pierre blanche ciselée.
Arras, capitale du Pas-de-Calais, est célèbre dans le monde entier pour ses ensembles architecturaux flamands d'une cohérence rare en France. Les deux grandes places de la ville — la Grand-Place et la place des Héros — forment un ensemble baroque et Renaissance du Nord dont cet immeuble classé constitue l'un des témoins les plus précieux. Protégé dès le 20 août 1919, soit au lendemain immédiat de la Première Guerre mondiale, il appartient à ce patrimoine que la France a tenu à préserver en priorité, tant les destructions de la Grande Guerre avaient ravagé le tissu urbain artésien. Ce qui distingue cet édifice parmi les nombreux immeubles de la cité, c'est son inscription dans la tradition architecturale des Pays-Bas méridionaux, héritée des siècles de domination bourguignonne et espagnole. Les façades à pignons à gradins ou à volutes, les bow-windows à petits carreaux, les pilastres et les frontons brisés dialoguent ici avec la pierre calcaire blanche extraite des carrières de la région. Le sous-sol d'Arras recèle par ailleurs un réseau de caves et de galeries souterraines — les célèbres « boves » — qui courent sous nombre de ces immeubles et constituent une dimension patrimoniale souterraine tout aussi fascinante. Visiter cet immeuble, c'est plonger dans l'atmosphère singulière d'une ville qui s'est reconstruite avec un soin méticuleux après chacun de ses traumatismes historiques, en veillant à conserver les caractères essentiels de son identité flamande. Les arcades au rez-de-chaussée, caractéristiques d'Arras, permettent une déambulation abritée sous les façades ouvragées, créant un dialogue permanent entre l'architecture et la vie urbaine. Le cadre environnant renforce l'expérience : les pavés de grès, les terrasses animées et les clochers qui percent le ciel du Nord confèrent au quartier une atmosphère que les amateurs d'architecture du XVIIe et XVIIIe siècle sauront tout particulièrement apprécier. Pour le photographe ou le voyageur cultivé, chaque détail sculpté est une invitation à lever les yeux et à ralentir le pas.
L'architecture de cet immeuble s'inscrit dans la tradition des maisons de négoce flamandes-baroques caractéristiques des grandes places d'Arras. La façade, élevée sur arcades au rez-de-chaussée selon l'usage local — ces galeries couvertes permettant la circulation des marchands par tous les temps — s'articule sur plusieurs niveaux en pierre calcaire blanche extraite des carrières de la région. La composition verticale est rythmée par des pilastres à chapiteaux composites, des bandeaux moulurés et des fenêtres à meneaux ou à petits-bois dont les proportions témoignent d'une maîtrise raffinée des canons de la Renaissance du Nord. Le couronnement de la façade constitue l'élément le plus spectaculaire : un pignon à volutes, à gradins ou à frontons brisés — selon la période de construction ou de remaniement — donne à l'édifice cette silhouette dentelée si caractéristique des skylines de Gand, Bruges ou Lille. Les lucarnes sculptées, les niches à coquilles et les médaillons ornementaux complètent ce vocabulaire décoratif d'une grande richesse plastique. La pierre locale, légèrement dorée à la lumière rasante du Nord, confère à l'ensemble une luminosité particulière aux heures matinales. En sous-sol, comme sous la majorité des immeubles de la Grand-Place et de la place des Héros, se développe très probablement un réseau de caves voûtées en berceau ou en croisée d'ogives — les fameuses « boves » arrageoises — creusées dans la craie et utilisées depuis le Moyen Âge pour le stockage des marchandises. Ces espaces souterrains, parfois étendus sur plusieurs centaines de mètres carrés, constituent une particularité technique et patrimoniale unique en Europe du Nord.
Immeuble est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Immeuble date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Immeuble est actuellement fermé au public.