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Hôtel de Boisgelin

Monument

Joyau baroque du Cours Mirabeau, l'hôtel de Boisgelin incarne l'art de vivre aixois du Grand Siècle. Sa façade classique et ses intérieurs fastueux témoignent du raffinement de la noblesse provençale au XVIIe siècle.

Histoire

Au cœur du quartier Mazarin, ce haut lieu de l'aristocratie provençale s'impose comme l'un des hôtels particuliers les plus accomplis d'Aix-en-Provence. Érigé dans le troisième quart du XVIIe siècle, à l'heure où la ville se réinventait en capitale culturelle et judiciaire de la Provence, l'hôtel de Boisgelin concentre tout ce que l'élite locale savait déployer de magnificence discrète et de raffinement architectural. Ce qui distingue véritablement cet édifice, c'est l'harmonie rare entre rigueur classique et sensibilité méridionale. La pierre blonde de Rognes, si caractéristique du bâti aixois, baigne la façade d'une lumière chaude qui change d'intensité au fil des heures, offrant aux promeneurs une expérience chromatique unique selon qu'ils la découvrent au matin bleuté ou à l'heure dorée du soir provençal. Pénétrer dans l'hôtel de Boisgelin, c'est basculer dans un espace où le temps semble suspendu. Les proportions des pièces de réception, les moulures finement ouvragées, les cheminées monumentales et la distribution savante des appartements restituent fidèlement l'atmosphère d'une demeure nobiliaire du règne de Louis XIV. L'escalier d'honneur, pièce maîtresse de l'ordonnancement intérieur, constitue à lui seul un manifeste de l'art du bâtisseur provençal. Le cadre urbain renforce l'impression d'ensemble. Imbriqué dans le tissu dense et élégant du quartier Mazarin — urbanisme de prestige voulu par l'archevêque Michel Mazarin à partir de 1646 — l'hôtel dialogue avec ses voisins de pierre dans une conversation architecturale muette mais éloquente. Aix, ville d'eaux et de fontaines, enveloppe l'édifice d'un doux bruissement qui accompagne toute visite.

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