Groupe épiscopal, situé à Thérouanne (Pas-de-Calais), est un monument médiéval construit au Moyen Âge. Le monument est actuellement fermé au public.
Sous les champs du Pas-de-Calais sommeille l'un des plus anciens sièges épiscopaux de France : le groupe épiscopal de Thérouanne, vestige enfoui d'une cathédrale détruite par Charles Quint en 1553.
Au cœur de la plaine artésienne, la commune de Thérouanne dissimule dans ses sous-sols l'un des trésors archéologiques les plus poignants du nord de la France. Le groupe épiscopal de Thérouanne n'est pas un monument que l'on contemple debout, façade contre ciel : c'est un monument que l'on imagine, que l'on reconstitue par l'esprit, à partir des traces ténues que la terre a conservées pendant cinq siècles. Cette qualité de monument fantôme lui confère une puissance évocatrice rare, celle des lieux qui ont tout perdu sauf leur âme. Thérouanne fut pourtant l'une des cités ecclésiastiques les plus importantes du nord-ouest de l'Europe médiévale. Son évêché, l'un des plus anciens de la Gaule du Nord, rayonnait sur un diocèse immense englobant une grande partie de la Flandre et de l'Artois. La cathédrale qui s'élevait ici comptait parmi les grandes réalisations gothiques septentrionales, comparable en prestige à celles d'Arras ou de Saint-Omer. Le groupe épiscopal — cathédrale, palais épiscopal, cloître et dépendances — formait un ensemble monumental à la mesure de cette importance. C'est précisément cette grandeur qui en fit une cible. Rasée jusqu'aux fondations sur ordre de Charles Quint après la prise de la ville en 1553, Thérouanne disparut littéralement de la carte : les pierres furent récupérées pour bâtir d'autres villes, et la cité ne se releva jamais de cette destruction systématique et méthodique. Ce que la terre a englouti, les archéologues tentent depuis plusieurs décennies de le restituer, fouille après fouille. Visiter le site de Thérouanne aujourd'hui, c'est exercer une forme de méditation historique. Les vestiges, pour l'essentiel souterrains ou affleurant dans les champs, sont complétés par un musée municipal qui rassemble sculptures, chapiteaux, éléments lapidaires et objets liturgiques exhumés lors des campagnes de fouilles. Ces fragments de calcaire blanc et de marbre noir racontent mieux que tout discours la splendeur engloutie d'une cité épiscopale carolingienne et gothique. Lieu de recueillement pour les historiens, terrain de jeu pour les archéologues, le groupe épiscopal de Thérouanne interpelle aussi le promeneur ordinaire. Il rappelle que le patrimoine ne se réduit pas à ce qui est visible, et que certaines des histoires les plus fascinantes de France se lisent à genoux, dans la terre.
L'architecture du groupe épiscopal de Thérouanne ne peut être appréhendée qu'à travers la synthèse des fouilles archéologiques et des rares représentations iconographiques antérieures à 1553. Les vestiges exhumés révèlent une cathédrale gothique de grandes dimensions, construite en calcaire local extrait des carrières de la région artésienne, avec des éléments de décor sculptés en marbre noir du Tournaisis — ce calcaire sombre caractéristique de l'architecture religieuse flamande et artésienne. Le plan de la cathédrale, reconstitué par les archéologues, indique un édifice à trois nefs avec déambulatoire, chapelles rayonnantes et transept saillant, conforme aux grandes cathédrales gothiques du nord de la France du XIIIe siècle. La nef devait atteindre une longueur d'environ 80 à 90 mètres, avec une élévation à trois niveaux — grandes arcades, triforium et fenêtres hautes — typique du gothique rayonnant septentrional. Les éléments lapidaires conservés au musée de Thérouanne témoignent d'une sculpture de haute qualité : chapiteaux à crochets, bases moulurées, clés de voûte ornées. Le palais épiscopal, les bâtiments claustraux et les dépendances du groupe épiscopal formaient un ensemble cohérent occupant une superficie considérable au centre de la ville médiévale. Les structures romanes, partiellement conservées en fondation, attestent d'une première phase de construction aux XIe-XIIe siècles, intégrée et transformée lors de la campagne gothique des XIIIe-XIVe siècles. L'ensemble représentait, avant sa destruction, un témoignage exceptionnel de l'architecture ecclésiastique médiévale dans le nord de la France.
Groupe épiscopal est situé à Thérouanne, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Groupe épiscopal date d'une période construite au Moyen Âge (XIe-XVe siècle).
Groupe épiscopal est actuellement fermé au public.