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Fours à chaux de la Veurière et rampe d'accès

Monument

Témoins imposants de l'industrie rurale du XIXe siècle, les trois fours à chaux de la Veurière dressent leurs massifs de granit et de schiste rouge sur 150 mètres, monuments uniques de l'Anjou industriel.

Histoire

Au cœur du bocage angevin, à Angrie, les fours à chaux de la Veurière constituent l'un des ensembles industriels ruraux les mieux conservés du Maine-et-Loire. Trois tours monumentales, hautes d'environ quinze mètres, s'alignent en un massif continu de cent cinquante mètres, façonnés dans le granit et le schiste rouge local — une silhouette à la fois austère et saisissante, que l'on ne s'attendrait pas à rencontrer dans ce paysage de collines douces et de haies bocagères. Ce qui distingue véritablement ces fours à chaux, c'est leur intégrité architecturale et technique. Là où tant d'installations similaires ont disparu, démolies ou laissées à l'abandon, celles de la Veurière ont traversé les décennies avec une remarquable cohérence. La rampe d'accès supérieure, toujours en place, rappelle concrètement la gestuelle des ouvriers qui chargeaient pierre et combustible par le sommet, tandis que les baies en plein cintre et les contreforts massifs témoignent d'une maîtrise constructive rigoureuse. L'intérieur des fours, conçu en étoile à déchargement tridirectionnel, révèle une ingéniosité rarement égalée dans ce type d'installation. Ce dispositif permettait une extraction de la chaux vive simultanément dans trois directions, optimisant le rendement et réduisant les temps d'arrêt dans un cycle de calcination qui durait plusieurs jours. La chaleur produite par la houille et le coke transformait en continu le calcaire en chaux, indispensable à l'agriculture et à la construction de toute la région. Visiter les fours de la Veurière, c'est plonger dans un âge oublié où l'industrie lourde coexistait avec la vie paysanne, où le bruit sourd des flammes se mêlait aux sons du bocage. Les murs épais irradient encore quelque chose de l'intensité des feux qui les ont imprégnés pendant plus d'un siècle. Photographes et passionnés de patrimoine industriel y trouveront une matière inépuisable, entre textures minérales, jeux d'ombre dans les galeries et perspectives sur la campagne angevine.

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